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Jeune Afrique interview with Ali Bongo

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  • bobutne
    Note: English translation by Google follows French text. Libreville, 29 Août 2011 (Infos Gabon) – Dans une interview sans concession accordée à
    Message 1 of 1 , Sep 5, 2011
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      Note: English translation by Google follows French text.

      Libreville, 29 Août 2011 (Infos Gabon) – Dans une interview sans concession accordée à l'hebdomadaire « Jeune Afrique », le Président de la République gabonaise Ali BONGO ONDIMBA revient en toute franchise sur ses deux années à la tête de l'Etat gabonais et dresse le bilan de ses actions depuis 2009. Réformes économiques, organisation des élections législatives, crise en Libye, Union Africaine… Dans cet entretien, le Chef de l'Etat dit tout. Il s'y exprime avec clarté et simplicité sur les thèmes qui animent le Gabon, l'Afrique et le monde, ne laissant aucune question de côté. « Tout le monde n'a pas compris que le Gabon avait changé », a souligné Ali Bongo Ondimba comme pour confirmer que la récréation était bel et bien finie au Gabon.

      L'intégralité de cette interview vous est proposée ici. Question.

      JEUNE AFRIQUE: Deux ans après l'élection présidentielle, le Gabon a considérablement changé. De chef évidemment, donc de style, mais aussi de vie politique. Quel bilan dressez-vous de ces vingt-quatre mois écoulés?

      ALI BONGO ONDIMBA: Question piège…Disons que nous sommes sur la bonne voie, même si je concède être de nature impatiente. En me présentant à la présidentielle, j'ai soumis un projet, celui du Gabon émergent, avec des axes précis, une vision, des valeurs réaffirmées et une stratégie. Une fois installé dans mes fonctions, en octobre 2009, j'ai mis en œuvre ce programme. Nous avons ainsi lancé un grand nombre de chantiers. Ce qui est important à nos yeux, c'est de diversifier l'économie gabonaise pour préparer l'après-pétrole. Cela ne se fait pas du jour au lendemain et demande un certain nombre de réformes, une véritable révolution des mentalités et des pratiques ainsi qu'une profonde remise en question, ce qui n'est jamais évident.

      JEUNE AFRIQUE: Vos premiers pas à la tête du pays ont tout de même été marqués par une sévère reprise en main et des décisions pas toujours très populaires: fin des effectifs pléthoriques dans la fonction publique, des placards dorés et des cumuls de mandats et de fonctions, chasse aux gaspillages, journée continue, interdiction d'exporter les grumes de bois non transformées sur place, etc. De quoi, en somme, vous faire de nombreux ennemis…

      ALI BONGO ONDIMBA: N'exagérons rien. D'une part, personne n'a été pris au dépourvu : nous avons appliqué ce que nous avions indiqué lors de la campagne. D'autre part, si je me suis fait effectivement quelques ennemis parmi ceux qui profitaient du système ou pour qui les mots « performance » ou « compétence » ressemblent à des injures, la majorité des Gabonais réclamait ces mesures. Ils avaient conscience que nous allions dans le mur. Il était totalement illusoire de penser que nous allions réussir à atteindre nos objectifs sans aller vers une meilleure gouvernance, plus d'équité, de travail et de rigueur. Je crois que le message est passé. Nous restons cependant vigilants, car certaines poches de résistance demeurent.

      JEUNE AFRIQUE: Vous avez changé de très nombreuses personnalités à la tête d'entreprises publiques, dans l'administration ou la magistrature. Est-ce le signe que les résultats ne suivent pas ou que le Gabon peine à fournir des cadres compétents?

      ALI BONGO ONDIMBA: Dire que nous peinons à trouver les bonnes personnes, c'est peut-être exagéré. Il s'est trouvé en revanche que certains gênaient la réalisation de nos programmes. Je me suis par exemple engagé à construire un minimum de 5 000 logements. Nous avons réuni tout le monde, préparé les projets et élaboré leurs financements. Six mois après, cela n'avait toujours pas démarré. Pourquoi? À cause d'un certain nombre de pesanteurs et de personnes qui ne faisaient pas leur travail ou, pis, profitaient de leur position pour accaparer des terrains et en faire commerce .Certains fonctionnaires se sont dit : « Encore des effets de style, de belles paroles, il n'y aura pas d'action derrière, continuons comme avant. » Ils ont été mal inspirés.

      JEUNE AFRIQUE: Vous aviez annoncé la publication des résultats de l'audit de la fonction publique en janvier 2010. Ce n'est toujours pas le cas. Pour quelle raison?

      ALI BONGO ONDIMBA : Parce que j'ai demandé que l'audit soit refait.

      JEUNE AFRIQUE : Entièrement ?

      ALI BONGO ONDIMBA : Oui. Je ne suis pas satisfait de la manière dont il a été mené. Ses résultats ne reflètent pas la réalité. Il y a un problème, et je veux m'en assurer. Comme si tout le monde s'était tenu à carreau le temps de sa réalisation… Pour ce genre d'audit, il ne faut pas se précipiter.

      JEUNE AFRIQUE: Autre évolution notable depuis votre arrivée au pouvoir, celle de la sphère politique. La crispation est évidente : biométrie, dissolution du parti d'opposition l'Union nationale (UN), André Mba Obame…

      ALI BONGO ONDIMBA: Après l'élection présidentielle, j'avais indiqué que je resterais ouvert à tous ceux qui souhaiteraient discuter avec moi du développement du Gabon. Certains l'ont fait, d'autres pas. Mais les tensions que vous évoquez sont d'ordre différent. La dissolution de l'UN, ce n'est que l'application des lois.

      Je ne connais pas un seul État au monde où un citoyen quel qu'il soit, candidat battu lors d'un scrutin, peut organiser et faire retransmettre une cérémonie de prestation de serment et se faire introniser président de la République [c'était le 25 janvier, NDLR] sous le regard impuissant des pouvoirs publics légitimes. S'ajoutent à cela une mise en scène ridicule et un repli au siège d'une organisation internationale [celui du Programme des Nations unies pour le développement, le Pnud] squatté de manière indécente pendant un mois .Le Gabon est un État de droit qui a une Constitution et des institutions. Ceux qui les transgressent s'exposent aux sanctions prévues. Ni plus ni moins. Dura lex, sed lex: la loi a été appliquée.

      JEUNE AFRIQUE: Et concernant le débat sur l'instauration de la biométrie pour les prochaines législatives ?

      ALI BONGO ONDIMBA: Une fois encore, il faut clarifier les choses. La biométrie est une proposition de la majorité. À mon initiative, d'ailleurs, lorsque j'étais ministre de la Défense. Le dossier fut transmis, à l'époque, au ministre de l'Intérieur [André Mba Obame], à qui il incombait la responsabilité d'organiser les élections. Tous les membres du gouvernement d'alors pourront vous éclairer sur le traitement qui en a été fait… Une certaine opposition, qui réclame à cor et à cri la biométrie aujourd'hui, recèle en son sein le principal responsable de l'échec de ce projet quand il était aux affaires !

      Passons… Pour répondre aux préoccupations de la classe politique sur l'utilisation de la biométrie lors des prochaines législatives, j'ai organisé une grande concertation nationale. J'ai écouté tout le monde et j'ai décidé de saisir la Cour constitutionnelle, afin qu'elle statue sur la position consensuelle qui s'était dégagée: repousser la date du scrutin. La suite, vous la connaissez. La Cour constitutionnelle a rejeté la demande d'un report des législatives. Les députés actuels verront leur mandat prendre fin en janvier prochain.

      Au-delà de ce terme-là, nous n'aurions donc plus d'Assemblée nationale. Il est donc nécessaire qu'elle puisse être renouvelée avant. Moi, je n'ai pas l'autorité de proroger les mandats. Je ne peux pas appliquer des lois qui n'existent pas…

      JEUNE AFRIQUE: Avec André Mba Obame, vous vous connaissez parfaitement. Vous avez travaillé longuement ensemble et milité au sein du Parti démocratique gabonais (PDG) pour le faire évoluer. Comment en êtes-vous arrivés à devenir d'irréductibles ennemis ?

      ALI BONGO ONDIMBA: Est-ce vraiment à moi qu'il faut poser cette question ? Personnellement, je ne le tiens pas pour un ennemi, pas du tout. C'est lui qui a changé, pas moi. Je suis toujours dans le même parti, défendant les mêmes idées. Lui a choisi de rejoindre des personnes qu'il a farouchement combattues pendant un quart de siècle à nos côtés et qui, chose étrange, ne lui en tiennent visiblement pas rigueur. La question est donc de savoir s'il défend réellement des idées ou si seule sa personne et son ego importent.

      JEUNE AFRIQUE: Vous êtes-vous parlé depuis la présidentielle du 30 août 2009 ?

      ALI BONGO ONDIMBA : Non, jamais.

      JEUNE AFRIQUE : Votre père était réputé pour savoir pardonner, y compris à ceux qui avaient été virulents avec lui.

      ALI BONGO ONDIMBA : Celui qui pardonne est celui qui a été offensé. Ce n'est pas à moi de pardonner, c'est aux militantes et aux militants du PDG de le faire. Mba Obame se battait jadis au sein de ce parti pour la démocratie, de revenir au bercail lorsqu'on a répondu à leurs doléances essentiellement matérielles, c'est fini. Tout le monde n'a pas compris que le Gabon avait changé…

      JEUNE AFRIQUE: Comment envisagez-vous les prochaines législatives pour le PDG?

      ALI BONGO ONDIMBA: Avec beaucoup de sérénité. Nous partions quand même d'un taux de croissance négatif, – 1,9 % en 2009, nous sommes aujourd'hui à plus de 5 %. Cela veut dire que le pays bouge dans le bon sens. La confiance revient, la consommation des ménages augmente et les investisseurs étrangers affluent. Nous disposons d'un programme clair, constant et qui commence à porter ses fruits. Les Gabonais pourront juger, comparer. Enfin, pour cela, il faudrait que les autres aient quelque chose à présenter…

      JEUNE AFRIQUE: La société civile s'immisce de plus en plus dans la vie politique; ses acteurs, comme Marc Ona Essangui (Brainforest), font désormais entendre leurs voix, se muent parfois en véritables opposants. Qu'en pensez-vous ?

      ALI BONGO ONDIMBA: Je n'ai absolument rien contre le fait que chaque citoyen puisse se préoccuper de la vie politique de son pays. Lorsqu'elle est équidistante des organisations politiques et joue son rôle de catalyseur de la démocratie, de médiatrice, de vigie, ou encore lorsqu'elle formule des propositions, la société civile est indispensable. En revanche, lorsqu'elle est accaparée par des individus qui, tout en prônant l'alternance politique, s'incrustent de manière inamovible dans leur propre système, en font un fonds de commerce ou une plateforme de visibilité et de reconnaissance personnelle, cela pose un problème de crédibilité et d'utilité. Pour parler des ONG, on a s s i s t e à un véritable mélange des genres.

      Aujourd'hui, certains dirigeants de ces ONG se sont donné le droit de s'immiscer dans tout. Au nom de quoi et de qui, je n'en sais rien. Les décideurs politiques ont tous des mandats. Nous sommes redevables devant ceux qui nous ont fait confiance, nous jugent, nous sanctionnent. D'autres se lèvent un matin pour dire : « Moi, je n'ai d'engagement envers personne, mais je me donne le droit de venir exiger ceci ou cela.» C'est trop facile. Vous connaissez M. Marc Ona Essangui; eh bien, conseillez lui de créer un parti politique et de se présenter aux prochaines élections. Il aura donc un mandat, pourra proposer aux Gabonais ses idées, et on verra alors s'il sera soutenu. En attendant, je suggère qu'il s'occupe de la défense de l'environnement, puisque son ONG a été créée dans cet objectif-là.

      JEUNE AFRIQUE: Parmi les échéances de 2012, il y a la co-organisation de la Coupe d'Afrique des nations (CAN) de football avec la Guinée équatoriale. Êtes-vous confiant quant aux délais de livraison des différentes infrastructures et à la bonne tenue de cette compétition?

      ALI BONGO ONDIMBA : L'année 2009 a été désastreuse. Les chantiers ont pris beaucoup de retard, que nous nous efforçons de rattraper. Mais malgré tout ce qui se dit ou s'écrit, nous serons prêts à la date prévue.

      JEUNE AFRIQUE: Le Gabon se tourne vers de nouveaux horizons économiques (Chine, Corée du Sud, Singapour, États-Unis, Australie…). L'arrivée de ces nouveaux acteurs n'agace-t-elle pas votre partenaire traditionnel, la France?

      ALI BONGO ONDIMBA: Le Gabon a pris le parti de consolider ses alliances historiques tout en diversifiant sa coopération internationale et ses partenaires. Tous ceux qui croient dans le potentiel de notre pays sont les bienvenus, pourvu qu'ils nous apportent, évidemment, une véritable valeur ajoutée. Mais les nouveaux investisseurs qui viennent au Gabon ne le font pas au détriment des entreprises françaises. Nous aimons pratiquer l'addition et non la soustraction. J'ajouterais même que les entreprises françaises déjà sur place profitent de ces nouveaux partenariats. Le président Sarkozy soutient d'ailleurs notre politique. Tout le monde y gagne, à commencer par les Gabonais. C'est au fond ce qui m'importe le plus.

      JEUNE AFRIQUE: Le Gabon mise beaucoup sur le green business, l'environnement et la mise en valeur de ses atouts en la matière. Pour certains, il s'agit là d'un simple phénomène de mode…

      ALI BONGO ONDIMBA: Le green business, au sens large, c'est la prochaine révolution économique, au même titre que les révolutions agricole et industrielle .Nous jouissons d'atouts considérables. Il faudrait être fou pour n'en faire qu'une lubie ou un simple phénomène de mode comme vous le dites.

      JEUNE AFRIQUE: La zone économique spéciale de Nkok sera inaugurée le 9 septembre. Ce type d'infrastructures se multiplie en Afrique. Qu'en attendez-vous ?

      ALI BONGO ONDIMBA : Nous voulons appuyer, grâce à des avantages fiscaux attractifs, les entrepreneurs qui investissent, notamment dans la transformation du bois, et plus généralement ceux qui participent à l'industrialisation de notre économie. Déjà 6 000 emplois directs et indirects ont été créés. Avec un investissement direct étranger de près de 200 millions de dollars, il s'agit de la première zone économique spéciale d'Afrique subsaharienne. D'après nos prévisions, Nkok attirera environ 1 milliard de dollars d'investissements, avec un potentiel de près de 50 000 emplois à terme.

      Une zone franche sur l'île Mandji, à Port-Gentil, est également en cours de constitution. Elle sera davantage spécialisée dans les industries et services parapétroliers, l'assemblage, le stockage et la distribution de produits, et dans les activités de services liées aux nouvelles technologies .Un premier investissement de 1,5 milliard de dollars a été signé en 2010 avec Olam et le groupe indien Tata Chemicals pour la construction d'une usine d'engrais.

      JEUNE AFRIQUE : Comment voyez-vous l'après pétrole?

      ALI BONGO ONDIMBA: C'est certainement une époque que je ne connaîtrai pas… En revanche, cela concerne nos enfants. Voilà pourquoi nous voulons nous préparer maintenant. Nous misons beaucoup sur l'industrie forestière, mais aussi sur le secteur des mines. Il n'a pas vraiment été exploité, à part certains produits comme le manganèse et l'uranium, et seulement dans certaines localités. Plus largement, nous sommes en train de promouvoir un tissu industriel et de favoriser l'émergence de champions rayonnant au niveau régional, voire international, comme Gabon Oil, Petro Gabon, la Compagnie équatoriale des mines, ou encore Olam Pétrochimie. Ce ne sont là que des exemples : nous avons élaboré 20 plans sectoriels sur cinq ans dans le tourisme, le numérique, les infrastructures, les transports, etc.

      JEUNE AFRIQUE: Sur le plan diplomatique, maintenant, quels rapports entretenez-vous avec les principaux chefs d'État de la sous- région, qu'il s'agisse du Camerounais Paul Biya, de l'Équato-Guinéen Teodoro Obiang Nguema ou du Congolais Denis Sassou Nguesso ? Vous êtes le plus jeune et le plus récemment arrivé au pouvoir…

      ALI BONGO ONDIMBA: Voulez-vous savoir si j'ai subi le bizutage du petit nouveau? Non, je peux vous rassurer, nos rapports sont très bons. Les chefs d'État de la sous-région sont des personnalités que je connais depuis longtemps, cela aide. Nous travaillons ensemble dans le cadre de la Cemac [Communauté économique et monétaire de l'Afrique centrale] : ce qui se passe bien chez l'un est intéressant pour l'autre et l'affecte dans le bon sens.

      JEUNE AFRIQUE: Il y a pourtant eu des périodes délicates, notamment avec l'affaire de la Banque des États de l'Afrique centrale (Beac). Vous avez pris vos fonctions en octobre 2009, quand le scandale a éclaté. Le Gabon a perdu le poste de gouverneur au profit de la Guinée équatoriale et le principe de rotation a été adopté. Comment avez-vous vécu cette période ?

      ALI BONGO ONDIMBA: Il est évident que, pour moi qui m'installais à peine, cela n'a pas été facile. Mais un problème touchant la Beac est un problème qui touche tous les États, pas seulement le Gabon.

      JEUNE AFRIQUE: Mais ce sont des responsables gabonais de l'institution qui ont été mis en cause.

      ALI BONGO ONDIMBA : Oh, ils n'étaient pas seuls…

      JEUNE AFRIQUE : C'est-à-dire?

      ALI BONGO ONDIMBA : Nous avons réagi très rapidement pour qu'une enquête soit menée afin de déterminer ce qu'il s'était réellement passé. Et nous souhaitons ardemment que ces investigations aillent jusqu'au bout. Je n'ai pas de problème particulier avec mes voisins, mais je souhaite que tout le monde soit traité de la même manière. Aujourd'hui, les choses se passent bien et la réforme de la banque va continuer.

      JEUNE AFRIQUE: On a parlé de tensions avec la Guinée équatoriale, comme lors du conflit territorial au sujet de l'île de Mbanié…

      ALI BONGO ONDIMBA: S'il y avait de la tension avec la Guinée équatoriale, je n'aurais pas soutenu le gouverneur actuel de la banque, qui est équato-guinéen. Notre différend territorial est géré au niveau de la Cour internationale de justice de La Haye et n'impacte pas les partenariats qui nous lient, dont l'organisation de la CAN. Le président Obiang et moi-même étions fin juillet à la frontière de nos pays pour inaugurer deux ponts qui vont augmenter nos échanges commerciaux et faciliter la circulation des personnes. Existe-il meilleur symbole d'entente que la construction d'un pont ?

      JEUNE AFRIQUE: vous êtes rendu en visite officielle aux États-Unis, du 5 au 10 juin, où vous avez rencontré le président Obama. Que vous êtes-vous dit?

      ALI BONGO ONDIMBA: Quand des chefs d'État se rencontrent, c'est pour échanger sur les sujets bilatéraux mais aussi sur les grandes questions de l'heure. Il arrive également qu'on puisse demander quelques conseils. Cet échange n'a pas échappé à la règle. L'international et la crise libyenne ont évidemment été abordés, étant donné que le Gabon siège encore au Conseil de sécurité jusqu'à la fin de l'année. En tout cas, ce fut très cordial.

      JEUNE AFRIQUE: Cette visite a aussi été l'occasion de nombreuses critiques de la part de l'opposition et de la société civile gabonaise, qui ont trouvé un certain écho aux États-Unis: biens mal acquis, accusations de népotisme, de mauvaise gouvernance, voire de dictature…

      ALI BONGO ONDIMBA : Les critiques dont vous parlez, je m'y attendais: elles ont été formulées parmes adversaires politiques, ceux-là mêmes dont nous venons de parler, et reprises par certains médias pour qui nous sommes des gens infréquentables, corrompus, et qui ne peuvent rien faire de positif…J'ai d'ailleurs découvert, avec la relance médiatique de l'affaire dite des « biens mal acquis », qu'il existait en droit un nouveau délit, le délit de patronyme. Je m'appelle Bongo, je suis donc forcément coupable… Et je note au passage qu'il s'agit, dès l'énoncé de l'affaire elle-même, non pas d'une interrogation mais d'une affirmation.

      JEUNE AFRIQUE: Trouvez-vous anormal que l'on puisse se poser la question de la provenance des fonds qui ont permis d'acquérir des biens à l'étranger, en France notamment? Ou que l'on s'interroge sur des acquisitions immobilières au nom de l'État gabonais, comme l'hôtel particulier de la rue de l'Université à Paris ou l'ex-résidence de Ted Kennedy à Washington?

      ALI BONGO ONDIMBA : Que les choses soient claires : chaque fois qu'il nous paraîtra opportun de procéder à la consolidation du patrimoine immobilier de l'État gabonais, nous ne demanderons l'onction de personne. Le Gabon est un état souverain qui peut faire des investissements rentables et durables, y abriter ses représentations diplomatiques conformément à ses moyens et à ses ambitions. L'État gabonais ne se contentera pas d'être locataire ad vitam æternam. Dans les deux cas cités, à Paris et à Washington, nous avons informé par communiqué l'opinion publique nationale et internationale parce que nous n'avions rien à cacher.

      Un chef d'État, un patron ,un avocat africain ne peut pas s'offrir des véhicules dits de luxe, une villa ou un appartement sans être taxé de voleur? En Afrique, comme partout ailleurs, il existe des processus transparents d'accumulation de richesses. Quand celles-ci sont pillées par des gens extérieurs au continent, ce n'est pas un problème, mais dès que c'est un Africain qui possède de l'argent, c'est suspect. En ce qui me concerne, il n'y a aucun bien personnel dont je ne peux justifier l'origine et l'acquisition légales.

      Mon patrimoine est déclaré. Je mets au défi n'importe quelle organisation ou quidam de prouver le contraire. J'ai gagné de l'argent dans ma vie, j'ai fait des affaires, parfois très bonnes, notamment lorsque j'ai dû quitter mon poste de ministre [en 1991]. Je ne vais pas m'excuser d'avoir gagné cet argent ni de m'appeler Bongo, même si cela en dérange certains qui avaient pris l'habitude de « cogner » sur mon père et continuent avec moi dans un réflexe pavlovien.

      JEUNE AFRIQUE: Ce que vous reprochent vos détracteurs et ceux qui ont déposé ces plaintes en France, c'est votre train de vie et celui d'un certain nombre de vos pairs. Un train de vie que vous ne pourriez vous permettre si vous n'aviez pas, disons, pioché dans la caisse…

      ALI BONGO ONDIMBA: Bien. J'ai été élu président de la République gabonaise, pas de l a République française. J'ai des comptes à rendre aux seuls Gabonais. Et qu'on cesse de prendre les Africains pour des imbéciles, parce que tout cela revient à dire : «Nous les bons Blanc s, nous sommes plus intelligents, donc analysons mieux les choses et les faisons à votre place. » Cette attitude frise la condescendance et le racisme. Je n'ai volé personne et n'ai détourné aucuns fonds. Mais je n'ai pas vocation à servir de punching-ball…

      JEUNE AFRIQUE: L'année 2011 a été marquée par une actualité très forte sur le continent : révolutions arabes, en Tunisie d'abord puis en Égypte et en Libye, évolutions au Maroc ou en Algérie, crise ivoirienne… Comment avez-vous vécu, par exemple la chute du régime Ben Ali le 14 janvier? Cela vous a-t-il surpris?

      ALI BONGO ONDIMBA: Il faut être honnête, nous avons tous été surpris. Toutes proportions gardées, et même si l'issue a été différente, cela m'a rappelé ce qu'un certain nombre de pays d'Afrique subsaharienne ont vécu dans les années 1990 avec l'expression très forte d'aspiration démocratique et les conférences nationales. Lorsque le peuple veut être entendu, lorsqu'il exige des changements, il est impossible de ne pas y répondre. C'est une leçon pour nous tous, que nous avons intérêt à méditer.

      JEUNE AFRIQUE: Six mois après le début de l'insurrection libyenne, le régime de Mouammar Kaddafi s'est enfin effondré. Vous avez fait le choix, en mars dernier, de voter la résolution des Nations unies autorisant l'intervention militaire de l'Otan, contre l'avis exprimé par l'Union africaine. Pourquoi ce choix?

      ALI BONGO ONDIMBA: Comme membre du Conseil de sécurité, nous avons effectivement approuvé la résolution 1973. Nous pensions que le fait d'entamer des discussions au sein du Conseil de sécurité inciterait les autorités libyennes à infléchir leur position, à arrêter les hostilités et à ouvrir un véritable dialogue.

      Or il se trouve que, pendant que nous étions en train de discuter de cette résolution, Kaddafi a tout fait pour accélérer la répression et en finir avant qu'elle ne soit adoptée. Une telle attitude a certainement influencé un certain nombre de pays d'abord réticents à voter ce texte… Nous assistons donc aujourd'hui à la chute inéluctable d'un régime qui est Resté sourd à tous les appels à l'apaisement et au dialogue. Trop de vies ont été perdue sa cause de cet aveuglement. Kaddafi, comme Gbagbo avant lui, n'a pas eu, ou n'a pas voulu avoir, la lucidité nécessaire pour ne pas prolonger inutilement la liste des victimes de cette guerre.

      JEUNE AFRIQUE: Et maintenant, Kaddafi parti, comment voyez-vous l'avenir proche de la Libye ?

      ALI BONGO ONDIMBA: J'ai reçu courant août des dirigeants du Conseil national de transition (CNT) désireux de faire participer la communauté internationale à la recherche de solutions politiques durables. Nous devons tous apporter notre concours à la Libye pour qu'elle panse ses plaies et qu'elle s'attelle à construire son avenir. Un chantier titanesque, qui implique de poser les principes d'édification et de consolidation d'un véritable État de droit, de répartition équitable des richesses du pays et de restauration de la stabilité et de la sécurité, indispensables à sa reconstruction. Tout cela doit nécessairement passer par l'expression de la volonté du peuple, donc par des élections. Je ne doute pas que les Libyens y parviennent. Même si le chemin sera très long et ardu.

      JEUNE AFRIQUE: L'intervention militaire de l'Otan en Libye, comme celle des Nations unies en Côte d'Ivoire, a choqué de nombreux Africains, qui y voient l'expression d'une forme de néocolonialisme dans le seul but d'accaparer les richesses de ces pays. Au point d'ériger, pour certains, Mouammar Kaddafi et Laurent Gbagbo au rang de résistants et de héros africains. Comprenez-vous cette sensibilité?

      ALI BONGO ONDIMBA : Bien sûr, je comprends que l'on puisse penser cela compte tenu de l'histoire de notre continent, mais je ne partage pas cette opinion. Quelles alternatives avait-on? Laisser la Côte d'Ivoire ou la Libye sombrer dans le chaos et se dérouler sous nos yeux de véritables bains de sang?

      JEUNE AFRIQUE: L'alternative aurait été que l'Union africaine (UA) elle-même prenne en charge ces crises, soit plus efficace ou dirige ces interventions…

      ALI BONGO ONDIMBA : Il faut être réaliste et pragmatique. Nous n'avons pas pu le faire, soit parce que nous n'étions pas d'accord, soit parce que nous n'en avions pas les moyens. C'est tout le problème que nous rencontrons à l'heure actuelle au niveau de l'UA. Nous en sommes tous conscients, et il faudra bien s'asseoir autour d'une table pour trouver des solutions. Mais personne ne nous a empêchés d'intervenir, c'est nous qui avons échoué. Il a bien fallu, une fois ce constat dressé, travailler avec ceux qui avaient la capacité d'empêcher que le pire ne se produise.

      JEUNE AFRIQUE : Comment avez-vous vécu les images de l'arrestation de Laurent Gbagbo, le 11 avril dernier?

      ALI BONGO ONDIMBA : Ce ne sont pas des images que l'on souhaite voir, c'est une évidence. Mais à partir du moment où il a décidé de mener son combat jusqu'au bout – il faut tout de même rappeler qu'il est le principal responsable de cette crise –, il n'existait que deux possibilités : la capture ou la mort. Cela aurait donc pu être pire.

      JEUNE AFRIQUE: Pensez-vous, après tout ce qu'a connu ce pays depuis la mort d'Houphouët, que les Ivoiriens pourront réellement se réconcilier ?

      ALI BONGO ONDIMBA : Oui. Il ya suffisamment de sagesse chez les Ivoiriennes et les Ivoiriens. Ils ne peuvent qu'avoir mesuré les dégâts provoqués par la guerre et l'instabilité. Le président Ouattara sait aussi que la tâche qui l'attend est immense, qu'elle nécessitera du temps et beaucoup de sueur. Mais nous sommes tous prêts à l'aider.

      English Translation by Google:

      Libreville, August 29, 2011 (Gabon News) - In an interview with no concession to the weekly "Jeune Afrique", the President of the Gabonese Republic Ali BONGO ONDIMBA back honestly on his two years at the head of the Gabonese government and takes stock of its actions since 2009. Economic reforms, legislative elections, the crisis in Libya, the African Union ... In this interview, the Head of State said. It is expressed with clarity and simplicity of the themes that animate Gabon, Africa and the world, leaving no question aside. "Everyone did not understand that Gabon had changed," said Ali Bongo as to confirm that the break was well and truly over Gabon.

      The entirety of this interview is presented here. Question.

      Jeune Afrique: Two years after the presidential election, Gabon has changed considerably. Head of course, so style, but also politics. What is your assessment of these twenty-four months?

      Ali Bongo: Trick question ... Let's say we are on track, even if I concede to be impatient nature. In presenting myself for president, I submitted a project, emerging from Gabon, with particular axes, vision, values ​​and strategy reaffirmed. Once installed in my office in October 2009, I implemented this program. We have launched many projects. What is important for us is to diversify Gabon's economy for the post-oil era. This does not happen overnight and requires a number of reforms, a revolution in attitudes and practices and a deep questioning, which is never easy.

      Jeune Afrique: Your first steps at the head of the country have still been marked by severe takeover and not always popular decisions: end of overstaffing in the public service, closets and gilded overlapping mandates and functions, hunting waste, continuous day, prohibition of exporting unprocessed logs of wood on site, etc.. What, in short, you make many enemies ...

      Ali Bongo: Let's not exaggerate. On the one hand, no one was caught off guard: we applied what we had indicated during the campaign. On the other hand, if I actually made some enemies among those who were abusing the system or for whom the words "performance" or "competence" like insults, the majority of Gabon called for such measures. They were aware that we were going into the wall. It was totally unrealistic to think that we would be able to achieve our goals without going to a better governance, greater equity, work and discipline. I think the message got through. However, we remain vigilant because some pockets of resistance remain.

      Jeune Afrique: You have changed many, many personalities at the head of public enterprises, in government or the judiciary. Is this a sign that the results do not follow or that Gabon struggling to provide competent staff?

      Ali Bongo: To say that we struggle to find the right people, this may be exaggerated. It turned out however that some hindered the implementation of our programs. I am committed to building such a minimum of 5000 units. We met everybody, prepared the project and developed their funding. Six months later it had still not started. Why? Due to a number of burdens and those that did not work or, worse, used their position to grab land and to trade. Some officials have said, "Even the effects of style, beautiful words, there will be no action behind it, continue as before. "They were misguided.

      Jeune Afrique: You had announced the release of audit results to the public in January 2010. It's still not the case. Why?

      Ali Bongo: Because I asked that the audit is repeated.

      Jeune Afrique: Entirely?

      Ali Bongo: Yes. I am not satisfied with the way it was conducted. Results do not reflect reality. There is a problem, and I want to make sure. As if everyone was held in tile time of its completion ... For this type of audit, do not rush.

      Jeune Afrique: Other notable changes since you took office, that of politics. The tension is obvious: biometrics, dissolution of the opposition National Union (UN), Andre Mba Obame ...

      Ali Bongo: After the presidential election, I indicated that I would remain open to all who wish to discuss with me the development of Gabon. Some did, others did not. But the tensions you mention are of different order. The dissolution of the UN, only law enforcement.

      I do not know a single state in the world where a citizen of any kind, defeated candidate in an election, can organize and broadcast a ceremony of swearing and being inaugurated as President of the Republic [was the January 25, Ed] under the helpless gaze of legitimate government. Added to this a ridiculous and staged a retreat at the headquarters of an international organization [the UN Programme for Development, UNDP] squatted so indecent for a month. Gabon is a rule of law that has a constitution and institutions. Transgressors are liable to sanctions. Neither more nor less. Dura lex, sed lex, the law was applied.

      Jeune Afrique: What about the debate on the introduction of biometrics to the next legislation?

      Ali Bongo: Once again, we must clarify. Biometrics is a proposal of the majority. At my initiative, however, when I was defense minister. The file was sent, at the time, the Interior Minister [Andre Mba Obame], whose responsibility it is responsible for organizing the elections. All members of the then government will enlighten you on the treatment that has been made ... some opposition, which demands a hue and cry of biometrics today, contains within it the main cause of the failure of this project when he was in business!

      Let ... To address the concerns of the political class on the use of biometrics in the upcoming legislative, I organized a major national consultation. I listened to everyone and I decided to seize the Constitutional Court for a ruling on the consensus position that had emerged: postpone the election date. Then, you know. The Constitutional Court dismissed the application for a postponement of the legislation. MPs will have their current term ends next January.

      Beyond that word, we would therefore more National Assembly. It is therefore necessary before it can be renewed. I have no authority to extend the mandates. I can not enforce laws that do not exist ...

      Jeune Afrique: With Andre Mba Obame, you know perfectly. You have worked extensively together and fought in the Gabonese Democratic Party (PDG) to make it evolve. How did you get to become implacable enemies for?

      Ali Bongo: Do ​​I really need to ask this question? Personally, I do not want an enemy, not at all. It was he who changed, not me. I'm always in the same party, advocating the same ideas. He chose to join the people he fought fiercely for a quarter of a century with us and, strangely, did not obviously take into rigor. The question is whether it actually promotes ideas or only himself and his ego matter.

      Jeune Afrique: Have you spoken since the presidential August 30, 2009?

      Ali Bongo: No, never.

      Jeune Afrique: Your father was reputed to be able to forgive, including those who had been vocal with him.

      Ali Bongo: He who forgives is the one who was offended. This is not for me to forgive, it is the activists and activists of the CEO to do so. Mba Obame fought once in the party for democracy to return to the fold when it responded to their concerns primarily physical, it's over. Everyone did not understand that Gabon had changed ...

      Jeune Afrique: How do you see the next legislative CEO?

      Ali Bongo: With a lot of serenity. When we left even a negative growth rate - 1.9% in 2009, we are now more than 5%. This means that the country is moving in the right direction. Confidence returns, household consumption increases and foreign investors flock. We have a clear, constant and is beginning to bear fruit. The Gabonese may find, compare. Finally, it should be that others may have something to present ...

      YOUNG AFRICA: Civil society increasingly interfering in political life, his players, like Marc Ona Essangui (Brainforest), are now their voices, sometimes are transformed into real opponents. What do you think?

      Ali Bongo: I have absolutely nothing against the fact that every citizen can worry about the politics of his country. When it is equidistant from political organizations and is a catalyst for democracy, a mediator, lookout, or when formulating its proposals, civil society is essential. However, when captured by individuals who, while advocating political change, so encrusted in their own good behavior, make it a business or a platform of visibility and personal recognition, this poses a problem of credibility and usefulness. To speak of NGOs, there is a real mix of genres.

      Today, some leaders of these NGOs were given the right to interfere in everything. On what and who I do not know. Policy makers have all the mandates. We are indebted to those who trusted us, judge us, punish us. Others get up one morning and say, "I have no commitment to anyone, but I give myself the right to come to require this or that." It's too easy. Been Marc Ona Essangui, well, advise him to create a political party and stand for election. It will have a mandate, can offer Gabon ideas, and we'll see then if he will be supported. In the meantime, I suggest he takes care of environmental protection, since his NGO was created in that objective.

      Jeune Afrique: Among the 2012 deadline, there are co-hosting the African Cup of Nations (CAN) football with Equatorial Guinea. Are you confident about the delivery of various infrastructure and proper conduct of this competition?

      Ali Bongo: The year 2009 was disastrous. Sites have lagged far behind, we are trying to catch up. But despite all that is said or written, we will be ready on time.

      Jeune Afrique: Gabon is turning to new economic horizons (China, South Korea, Singapore, USA, Australia ...). The arrival of these new players n'agace Does not your traditional partner, France?

      Ali Bongo: Gabon has opted to consolidate its historical alliances while diversifying its international cooperation and its partners. All who believe in the potential of our country are welcome, provided they give us, of course, a real added value. But new investors coming in Gabon do not to the detriment of French companies. We like to practice addition and not subtraction. I might add that French companies already there taking advantage of these new partnerships. President Sarkozy also supports our policy. Everybody wins, starting with the Gabonese. It is basically what I care the most.

      Jeune Afrique: Gabon relies heavily on green business, environment and development of its strengths in this area. For some, this is just a fad ...

      Ali Bongo: The green business, broadly defined, is the next economic revolution, as well as the agricultural and industrial revolutions. We enjoy considerable advantages. It would be crazy to not be a fad or just a fad as you say.

      Jeune Afrique: The Special Economic Zone NKOK will open Sept. 9. This type of infrastructure in Africa is multiplied. What do you expect?

      Ali Bongo: We want to support, through tax incentives attractive, entrepreneurs who invest, particularly in wood processing, and more generally those involved in the industrialization of our economy. Already 6 000 direct and indirect jobs were created. With foreign direct investment of nearly $ 200 million, this is the first special economic zone of sub-Saharan Africa. According to our forecasts, NKOK attract approximately $ 1 billion investment, with a potential of nearly 50,000 jobs over time.

      A free zone on the island Mandji, Port-Gentil, is also being established. It will be more specialized in oilfield services and industries, assembly, storage and distribution of products, and service activities related to new technologies. An initial investment of $ 1.5 billion was signed in 2010 with Olam and the Indian group Tata Chemicals to build a fertilizer plant.

      Jeune Afrique: How do you see the post-oil?

      Ali Bongo: It's certainly a time I never know ... But it concerns our children. That's why we want to prepare now. We rely heavily on the forest industry, but also in the mining sector. It has not really been exploited, except for certain products such as manganese and uranium, and only in certain localities. More broadly, we are promoting an industrial base and encourage the emergence of regional champions radiant, even international, such as Gabon Oil, Petro Gabon, Equatorial Mining Company, or Petrochemical Olam. These are only examples: we have developed sectoral plans 20 over five years in tourism, digital, infrastructure, transport, etc..

      Jeune Afrique: On the diplomatic front, now, what relationships do you have with key heads of state of the sub-region, whether Cameroon Paul Biya, the Equatorial Guinean President Teodoro Obiang Nguema or Denis Sassou Nguesso? You are the youngest and most recently came to power ...

      Ali Bongo: Do ​​you know if I have been hazing the new guy? No, I can reassure you that our relations are very good. The Heads of State of the subregion are personalities I've known for a long time, it helps. We work together within the framework of CEMAC [Economic and Monetary Community of Central Africa]: what goes well with one another is interesting and assigns it the right way.

      Jeune Afrique: Yet there were times difficult, especially with the case of the Bank of Central African States (BEAC). You took office in October 2009, when the scandal broke. Gabon has lost the governorship in favor of Equatorial Guinea and the principle of rotation was adopted. How did you feel about that period?

      Ali Bongo: It is obvious that, for me who just settled down, it was not easy. But a problem with the BEAC is a problem that affects all states, not just the Gabon.

      Jeune Afrique: But these are Gabonese officials of the institution that have been implicated.

      Ali Bongo: Oh, they were not alone ...

      Jeune Afrique: That is to say?

      Ali Bongo: We reacted very quickly to an investigation to determine what really happened. And we sincerely hope that these investigations go through. I have no particular problem with my neighbors, but I hope that everyone is treated the same way. Today, things are going well and the reform of the bank will continue.

      Jeune Afrique: We talked about tensions with Equatorial Guinea, as in the territorial dispute on the island of Mbanié ...

      Ali Bongo: If there was tension with Equatorial Guinea, I would not support the current governor of the bank, which is Equatorial Guinea. Our territorial dispute is managed at the International Court of Justice in The Hague and does not impact the partnerships that bind us, including the organization of the CAN. President Obiang and I were late July at the border of our country to inaugurate two bridges that will increase our trade and facilitate the movement of people. Are there any better symbol of understanding the construction of a bridge?

      Jeune Afrique: you are paid an official visit to the United States, from June 5 to 10, where you met with President Obama. What did you say?

      Ali Bongo: When heads of state meet is to discuss bilateral matters but also on major issues of the day. Sometimes we can also ask for some advice. This exchange did not escape the rule. The international and the Libyan crisis obviously have been addressed, given that Gabon still sits on the Security Council until the end of the year. In any case, it was very cordial.

      Jeune Afrique: The visit also provided an opportunity to criticism from the opposition and civil society in Gabon, who have found some resonance in the United States: ill-gotten gains, charges of nepotism, poor governance or even dictatorship ...

      Ali Bongo: Critics of which you speak, I expected: they were made Parma political opponents, even those which we have spoken, and taken by some media people who we are beyond the pale, corrupt, and who can not do anything positive ... I also discovered, with the recovery media the case known as "ill-gotten gains," there was in law a new offense, the offense of surname. My name is Bongo, so I'm always guilty ... and I note in passing that it is, from the statement of the case itself, not a question but a statement.

      Jeune Afrique: Do you find unusual is that we can ask the source of funds that allowed to acquire assets abroad, particularly in France? Or that one wonders about the real estate acquisitions on behalf of the Gabonese government, as the mansion of the street from the University in Paris or the former residence of Ted Kennedy in Washington?

      Ali Bongo: Let me be clear: every time it will seem expedient to the strengthening of the housing of the Gabonese government, we ask the anointed one. Gabon is a sovereign state that can make investments profitable and sustainable, will host its diplomatic missions in accordance with its means and its ambitions. The Gabonese government will not only be tenants forever. In both cities, Paris and Washington, we informed the public by press nationally and internationally because we had nothing to hide.

      A head of state, a boss, an African lawyer can not afford so-called luxury cars, a villa or an apartment without being labeled a thief? In Africa, as elsewhere, there are transparent processes of wealth accumulation. When they are looted by people from outside the continent, not a problem, but as soon as it is an African who has money is suspect. In my case, there is no personal property which I can not justify the origin and acquisition law.

      My heritage is declared. I challenge any organization or quidam to prove otherwise. I won some money in my life I have done business, sometimes very good, especially when I had to leave my position as Minister [in 1991]. I will not apologize for having earned the money or call me Bongo, even if it bothers some who were in the habit of "bumping" and continue on my father with me in a Pavlovian reflex.

      Jeune Afrique: What you accuse your detractors and those who filed the complaints in France, your lifestyle and that of a number of your peers. A lifestyle that you could not afford if you did not, say, dug in the box ...

      Ali Bongo: Good. I was elected President of the Gabonese Republic, not the French Republic. I accountable only to Gabon. And we stop to take Africans for fools, because all this is to say, "We Blanc s good, we are more intelligent then analyze things better and do it for you. "This attitude borders on condescension and racism. I stole one and have no funds diverted. But I have not intended to serve as a punching bag ...

      Jeune Afrique: The year 2011 was marked by a strong current on the continent: Arab revolutions, first in Tunisia and Egypt and Libya, developments in Morocco and Algeria, Côte d'Ivoire crisis ... How did you live, eg the fall of the Ben Ali on January 14? That you he surprised?

      Ali Bongo: We must be honest, we were all surprised. Relatively speaking, even if the outcome was different, it reminded me that a number of sub-Saharan Africa lived in the 1990s with the very strong expression of democratic aspirations and conferences national. When people want to be heard, when it requires change, it is impossible not to respond. This is a lesson for us all, we have an interest in meditation.

      Jeune Afrique: Six months after the start of the insurgency Libyan regime of Muammar Gaddafi has finally collapsed. You made the choice, in March, to vote the UN resolution authorizing military intervention of NATO, against the opinion expressed by the African Union. Why this choice?

      Ali Bongo: As a member of the Security Council, we have indeed adopted resolution 1973. We thought that to begin discussions within the Security Council encourage the Libyan authorities to reverse their position, to cease hostilities and to engage in effective dialogue.

      It so happens that while we were discussing the resolution, Gaddafi has done everything to speed up the punishment and be done before it is adopted. This attitude has certainly influenced a number of countries initially reluctant to vote for it ... We are witnessing today in the inevitable fall of a regime that has remained deaf to all appeals for calm and dialogue. Too many lives have been lost because of this his blindness. Gaddafi, as Gbagbo before him, did not, or would not have the clarity necessary to avoid unnecessarily lengthen the list of victims of this war.

      Jeune Afrique: Now Kaddafi party, how do you see the near future of Libya?

      Ali Bongo: I received during August the leaders of the National Transitional Council (CNT) that wish to engage the international community in the search for lasting political solutions. We must all give our support to Libya to licking its wounds and it is working to build its future. A mammoth project, which involves asking the principles of construction and consolidation of a genuine rule of law, equitable distribution of wealth in the country and restore stability and security necessary for reconstruction. All this must necessarily pass through the expression of the will of the people, therefore the election. I have no doubt that the Libyans succeed. Even if the path is very long and arduous.

      Jeune Afrique: The NATO military intervention in Libya, such as the United Nations in Côte d'Ivoire, has shocked many Africans, who see the expression of a form of neocolonialism with the sole purpose of monopolizing the wealth of these countries. Developed to build, for some, Muammar Qaddafi and Laurent Gbagbo to the level of resistance and African hero. Do you understand this feeling?

      Ali Bongo: Sure, I understand that one may think that given the history of our continent, but I do not share this view. What alternatives were there? Leaving the Ivory Coast and Libya and descend into chaos unfold before our eyes real bloodshed?

      Jeune Afrique: The alternative was that the African Union (AU) itself supports these crises, or controls more effective interventions ...

      Ali Bongo: We must be realistic and pragmatic. We could not do it, or because we did not agree, either because we did not have the means. That is the problem we face today at the UA. We are all aware, and he'll have to sit around a table to find solutions. But no one prevented us to intervene, it is we who have failed. It has been necessary, once the observation made, working with those who had the ability to prevent the worst from happening.

      Jeune Afrique: How did you feel about the images of the arrest of Laurent Gbagbo, on April 11?

      Ali Bongo: These are not images that you want to see is obvious. But from the moment he decided to take his fight to the end - we must still remember that it is primarily responsible for this crisis - there were only two choices: the capture or death. It would have been worse.

      Jeune Afrique: Do you think after all this country has experienced since the death of Houphouet that Ivorians can really be reconciled?

      Ali Bongo: Yes. There is enough wisdom in Côte d'Ivoire and Ivorians. They can only have measured the damage caused by war and instability. The President also knows that Ouattara task ahead is huge, it will take time and lots of sweat. But we are all ready to help.
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