Loading ...
Sorry, an error occurred while loading the content.

CfP: Les pays post-communistes en mal de developpement [in French]

Expand Messages
  • Heemeryck Antoine
    Appel à articles pour la RFSE : Les pays post-communistes en mal de développement   Les réflexions sur le développement ont été mises à rude épreuve
    Message 1 of 1 , Feb 11, 2009
    • 0 Attachment
      Appel à articles pour la RFSE :

      Les pays post-communistes en mal de développement
       
      Les
      réflexions sur le développement ont été mises à rude épreuve par les
      évolutions ayant ponctué les dernières décennies du XXe siècle :
      émergence de nouvelles puissances économiques, crises financières en
      Asie du Sud-est, quasi-échec des politiques d'ajustement structurels,
      stagnation économique dans de nombreux pays d'Afrique subsaharienne et
      d'Amérique latine, etc. Mais c'est sans aucun doute l'effondrement de
      l'Empire soviétique et de ses pays satellites qui constitue le défi le
      plus marquant pour ceux qui s'interrogent sur le développement : le
      passage de ces pays à l'économie de marché n'a pas été anticipé, la
      théorisation des transformations en cours semble marquer le pas.
       
      Les
      théories du développement sont arrivées à un tournant décisif. Avec la
      fin de la guerre froide, l'opposition entre centre et périphérie perd
      de son sens, celle entre un Nord riche et un Sud soucieux de sortir du
      « sous-développement » est remise en question. La globalisation, elle,
      brouille encore davantage les repères et rend caduques les catégories
      d'analyse traditionnelles. Des poches de pauvreté se créent dans les
      pays riches, tandis que des opportunités d'enrichissement sans
      précédent émergent dans les pays pauvres. Les questions posées par les
      théories du développement — dualisme, segmentation des marchés,
      pratiques informelles, exclusion, etc. — sont d'actualité dans les pays
      dits riches, et elles le sont tout autant, sinon plus, dans les pays
      post-communistes. Le développement n'est plus pensé en termes de
      rattrapage où la croissance est supposée déterminante. Il renvoie,
      d'une part, à des questions requérant des solutions globales, tels que
      les « maladies sans frontières », les migrations, la pollution, le
      réchauffement climatique, etc. Il questionne, d'autre part et au niveau
      local, des paramètres tels que les « capabilités » et la garantie des
      droits individuels (de propriété notamment). Pour mesurer les avancées,
      les analyses tiennent de plus en plus compte de la perception qu'ont
      les populations de leurs conditions de vie.
       
      Or,
      dans les pays post-communistes, cette perception se situe en deçà des
      attentes que pouvait éveiller l'effondrement de l'URSS. Certes, après
      les chocs multiples des années quatre-vingt-dix, les « taux de
      croissance » sont souvent remarquables et des domaines tels que
      l'éducation, la santé, la protection sociale, le logement ont pu
      connaître certaines améliorations. Mais le développement — dans le sens
      d'une réduction des inégalités et d'un mieux-aller pour toutes les
      couches sociales, notamment grâce à des créations d'emplois « décents »
      — semble en panne. Indépendamment de la divergence des trajectoires
      nationales, se perpétuent des comportements consistant à réinterpréter
      des pratiques ayant fait leurs preuves sous le régime précédent.
      Patrimonialisation, clientélisme, logiques rentières, agissements en
      marge de la légalité, en sont les traits saillants, rappelant que
      pratiques économiques et sociales sont étroitement imbriquées. Misant,
      à des degrés variables, sur le marché et l'intégration de l'économie
      dans des réseaux globalisés, promouvant pour cela des normes qui se
      veulent universelles, les décideurs semblent avoir sous-estimé la
      difficulté de mener de front le passage à l'économie de marché et
      l'introduction de principes démocratiques.
       
      Dans
      les contributions attendues, il s'agira d'interroger le développement à
      l'aune des événements qui se sont produits, dans les pays
      post-communistes, au cours des deux dernières décennies. Les analyses
      concerneront les pays de la Communauté des Etats indépendants et ceux
      de l'Europe du Sud-est (dont la Bulgarie et la Roumanie). Sont exclus
      les pays d'Europe centrale et les pays baltes.
       
      Plusieurs entrées peuvent être envisagées :
       
      On
      peut s'interroger tout d'abord sur la manière avec laquelle les
      décideurs nationaux modulent les réformes néo-libérales en fonction des
      spécificités de leur pays, en tenant compte des aspirations des
      populations, ou en en faisant fi, au risque de déclencher des
      mouvements de contestation. Comment s'articulent et sont dosés réformes
      néo-libérales et processus de démocratisation ?
      Cette
      première entrée, macro-économique, sera complétée par une approche au
      niveau micro, qui examinera la manière dont les acteurs — individus,
      familles — s'adaptent à la nouvelle donne de l'économie de marché.
      Quelles stratégies déploient-ils pour reproduire la cellule familiale
      et pour lutter contre le déclassement social, comment résistent-ils à
      des normes largement allogènes auxquelles ils ne sont pas toujours
      préparés, comment composent-ils avec elles ? Quels liens sont mobilisés
      pour arriver à des compromis acceptables ? Quelles résistances les
      acteurs opposent-ils aux tendances autoritaires des pouvoirs publics,
      de quelle manière font-ils valoir les droits qui leur sont concédés
      formellement ?
      Une dernière
      entrée consistera en l'analyse des intermédiations, collectives ou
      individuelles, entre les décideurs et les populations. Il s'agira de
      décrypter le rôle des « experts » dans la transmission des normes
      nouvelles et l'adaptation de celles-ci au contexte local, de
      s'interroger sur la portée des organisations professionnelles, des
      syndicats et partis politiques par rapport à ce nouveau
      « développement » dont les contours sont largement conçus par
      l'extérieur et qui est susceptible d'engendrer des tensions lourdes de
      conséquences.
       
      Les contributions sont attendues pour le 30 juin 2009.
      http://rfse.univ-lille1.fr/appels/ppcmd.htm

      Revue française de socioéconomie.

      Secrétaire de rédaction de la RFSE,

      Guillaume Yvan,

      bureau 205 bâtiment SH2 CLERSE (USTL Lille1,

      59 655 Villeneuve d’Ascq Cedex)

      rf-socioeconomie@...
    Your message has been successfully submitted and would be delivered to recipients shortly.