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CfP: Relations, échanges et coopération en Méditerranée, 14-21.4.2003, Bastia

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  • Florian Bieber
    From: CTHS Subject: Appel a communications / Call for Papers Date: October 2, 2002 Comité des travaux historiques et
    Message 1 of 1 , Oct 2, 2002
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      From: CTHS <congres.cths@...>
      Subject: Appel a communications / Call for Papers
      Date: October 2, 2002


      Comité des travaux historiques et scientifiques
      128e congrès : Bastia , 2003
      14-21 Avril

      Relations, échanges et coopération en Méditerranée



      Président scientifique : Monique Pelletier
      directeur honoraire du Département des cartes et plans de la Bibliothèque
      nationale de France, présidente de la section des sciences géographiques et
      environnement du CTHS

      Président du comité d'organisation : Ange Rovere
      secrétaire général de l'Association des chercheurs en sciences humaines -
      domaine corse, professeur agrégé d'histoire au lycée de Bastia

      Propositions avant le 15 novembre 2002
      Deadline for submission: November 15, 2002

      Programme


      Thème 1 : La Méditerranée, espace physique, espace vivant
      Colloque 1.1 : Pêche et pêcheurs en Méditerranée
      Colloque 1.2 : Les politiques d'aménagement en milieu méditerranéen
      Colloque 1.3 : La vigne en Méditerranée occidentale
      Colloque 1.4 : Les habitats insulaires à l’époque médiévale en
      Méditerranée occi

      Thème 2 : L’espace politique méditerranéen
      Colloque 2.1 : Les îles méditerranéennes et leurs " continents "

      Thème 3 : Découverte de la Méditerranée occidentale

      Thème 4 : Circulation des matières premières...
      Colloque 4.1 : La navigation en Méditerranée du haut Moyen Âge à la
      Renaissance
      Colloque 4.2 : Le commerce des marbres

      Thème 5 : Transferts de techniques et de savoirs en Méd. occidentale
      Colloque 5.1 : Urbanisme et architecture des ports de la
      Méditerranée occid.
      Colloque 5.2 : Le commerce culturel

      Colloques d’histoire culturelle
      Colloque 1 : Pré- et protohistoire
      Colloque 2 : La transmission des images et de l’idéologie impériale...
      Colloque 3 : Divinités, dieux et saints dans les îles de la
      Méditerranée occidentale
      Colloque 4 : Le baroque dans les pays de la Méditerranée occidentale
      Colloque 5 : Continuum dialectal et frontières linguistiques en
      Méditerranée occidentale
      Colloque 6 : Variations musicales en Méditerranée


      Thème 1 : La Méditerranée, espace physique, espace vivant

      Colloque 1.1 : Pêche et pêcheurs en Méditerranée
      Colloque 1.2 : Les politiques d'aménagement en milieu méditerranéen
      Colloque 1.3 : La vigne en Méditerranée occidentale
      Colloque 1.4 : Les habitats insulaires à l’époque médiévale en Méditerranée
      occidentale


      L'espace concerné par ce thème comprend, en mer, les deux bassins
      méditerranéens, l'occidental et l'oriental, et leurs dépendances ; et, à terre,
      les régions bordant ces bassins. Un intérêt particulier sera porté aux îles.

      Géologie

      La Méditerranée telle que nous la connaissons n'existe que depuis peu de temps.
      Ses limites, sa profondeur, son accès à l'océan par le détroit de Gibraltar, ne
      datent que du milieu du Pliocène. Cependant, une partie de ses caractéristiques
      géologiques datent du Burdigalien, quand disparaît la paléogéographie alpine.
      Notons que la Méditerranée occidentale et ses abords forment un ensemble
      cohérent, distinct de la Méditerranée orientale.

      Des manifestations importantes balisent cette histoire : le paroxysme
      burdigalien, le sursaut tortonien, la crise messinienne, la révolution
      pliocène, la régression tyrrhénienne. Elles suscitent entre autres ces points
      d'actualité géologique :
      - Où était la Corse avant le Burdigalien ?
      - Quel est l'âge exact de la rotation néogène du bloc corso-sarde ?
      - Y a-t-il vraiment des grands détachements plats dans la chaîne alpine corse ?
      - Qu'est-ce que le " bloc d'Alboran " ?

      Hydrologie

      La Méditerranée est une mer intérieure, profonde, enserrée entre des masses
      montagneuses. C'est une zone climatique et océanographique bien particulière et
      complexe,
      - avec d'intenses échanges : mer-atmosphère (échanges thermiques, évaporation),
      eaux de surface-eaux profondes, Atlantique-Méditerranée occidentale (au niveau
      de Gibraltar)
      - et une dynamique variée : courants superficiels, tourbillons, fronts
      hydrologiques, formation d'eaux profondes.

      Les fleuves tributaires de la Méditerranée ont une hydrologie particulière,
      rythmée par des apports pluviométriques à forte saisonnalité et génératrice de
      risques pour la société ; ils ont aussi une forte capacité de transport solide.
      Les apports de ces fleuves modèlent les côtes, jouant un rôle important dans
      l’écologie. La Méditerranée, " modèle réduit " de l'océan mondial, bien qu'elle
      ait été très étudiée, notamment par les océanographes français, est toujours
      l'objet de nombreuses questions.

      Espace vivant

      Les riches faunes méditerranéennes, pélagiques et benthiques, sont récentes et
      constituées d'animaux venus, pour une grande part, de l'Atlantique. Les
      littoraux sont caractérisés par deux types de rivages : les zones rocheuses où
      les reliefs proches plongent rapidement dans les profondeurs de la mer, et des
      rivages bas, sédimentaires, bordant des plaines alluviales, où la profondeur
      augmente progressivement. La vie végétale et la vie animale diffèrent sur ces
      deux types de côtes, mais les zonations caractéristiques du domaine littoral
      persistent. Au large, l'étude du modèle biologique méditerranéen est,
      notamment, orientée vers les échanges verticaux de matière organique.

      Pour la végétation des régions côtières et celle de la totalité des îles, on
      s’intéressera aux variations climatiques suscitées par l’orientation et
      l’altitude, et à l’organisation des végétaux en étages (végétation proprement
      littorale, étage thermoméditerranéen, étage mésoméditerranéen, horizon
      supérieur, étage supraméditerranéen, étage montagnard, étage subalpin, étage
      oroméditerranéen, étage alpin, végétation des bords des torrents et des
      fleuves). Pour la flore, on interprétera les recensements floristiques qui font
      connaître la répartition des espèces et on s’attardera sur le groupe des
      endémiques des îles (endémiques corses, corso-sardes, baléaro-cyrno-sardes et
      autres endémiques), dont certaines sont d’origine très ancienne, d’autres
      s’étant différenciées plus récemment. On soulignera les affinités entre les
      différentes régions, qui laisseraient supposer une histoire géologique commune.

      On pourra étudier le problème des invasions biologiques dans le cadre de la mer
      Méditerranée. Ces invasions concernent, dans une région donnée, des espèces qui
      n’y ont jamais été signalées auparavant. Dans une mer biologiquement " fragile
      " comme la Méditerranée, ces espèces " introduites " peuvent perturber de façon
      importante voire irréversible, les équilibres écologiques préexistants, avec de
      graves conséquences écologiques et économiques. L'apparition de certaines
      espèces découle de modifications apportées au milieu par l'homme, voire d’une
      introduction accidentelle comme c’est le cas pour l'algue " invasive " Caulerpa
      taxifolia. L'arrivée d'autres espèces peut être " naturelle ", qu’il s’agisse
      de migration ou de modification des conditions physico-chimiques ou
      climatiques. Ainsi de nombreuses espèces colonisent la Méditerranée en y
      pénétrant par le canal de Suez (migration lessepsienne).

      Pour les ressources marines, voir le colloque 1.1, Pêches et pêcheurs de
      Méditerranée.

      En raison de ses caractéristiques, la Méditerranée est très sensible aux
      pollutions de toute nature, qu’elles surviennent en haute mer, qu’elles
      viennent du centre des terres par les fleuves, ou qu’elles soient dues aux
      activités humaines littorales, découlant de la présence de fortes communautés
      urbaines sur ses pourtours. Il serait bon de faire un état des lieux en cette
      matière.


      Thème 2 : L’espace politique méditerranéen
      Colloque 2.1 : Les îles méditerranéennes et leurs " continents "



      La politique des îles durant l’Antiquité classique

      Étudier la politique des îles des puissances antiques grecques et romaines,
      c’est mettre en parallèle leurs regards et leur volonté, leurs réussites et
      leurs échecs, avec l’histoire des territoires insulaires touchés par leur
      action, un thème original et inédit qui peut ouvrir de nouvelles perspectives.

      Les idées : textes, visions, discours à propos des îles d’occident en Grèce et
      à Rome
      Une relecture des textes des historiens, des géographes mais aussi des acteurs
      politiques comme César et Cicéron montre la place importante des îles dans
      l’élaboration non seulement du discours, mais aussi des pratiques politiques
      des puissances de l’Antiquité. Pour les Grecs, la Sicile, d’abord terre de
      confins, devient une terre d’appui pour leurs rêves d’hégémonie, une hégémonie
      qui se brise avec l’expédition d’Athènes contre Syracuse. Pour Rome, la lutte
      en vue du contrôle de la Corse et de la Sardaigne donne naissance à une
      structure originale : la Provincia de Sardinia, seul exemple connu de
      circonscription administrative regroupant deux territoires distincts. Cette
      situation n’est pas sans conséquence et elle demande à être exposée pour mieux
      percevoir la construction du discours politique.

      Les outils : perception et construction géographique des territoires insulaires
      Il n’y a pas de bonne politique sans que soit développée la connaissance des
      espaces intégrés progressivement dans les ensembles de domination. En
      géographie antique, les travaux les plus récents sur les îles permettent une
      bonne mise au point sur les connaissances. Ils éclairent la question des
      relations des îles avec les continents, comme celle des continents avec les
      îles.

      Choix institutionnels ou économiques : emporia, ports, installations
      militaires, colonies…
      Toute politique dépasse les contraintes de la découverte et de la conquête
      puisqu’elle est pratique continue d’un pouvoir désireux de durer. L’attention
      portée aux choix institutionnels ou aux infrastructures mises en place pendant
      l’Antiquité apporte des éclairages renouvelés sur les rapports entre les terres
      et les mers, entre les côtes et l’intérieur des territoires insulaires. L’étude
      des vestiges, du matériel archéologique et de la cartographie des sites fait
      ressortir très concrètement les éléments caractéristiques des pratiques dans
      les îles. Une comparaison avec les territoires continentaux, côtiers ou encore
      avec les territoires montagneux de l’Occident permettrait d’améliorer la
      perception de ces réalités.

      Les enjeux du Moyen Âge en Méditerranée occidentale

      La Méditerranée occidentale, ses îles et ses détroits sont un enjeu de pouvoir
      tout au long du Moyen Âge. Brisée par le déferlement des invasions barbares,
      l’unité de la Romania éclate en royaumes nationaux qui dessinent les contours
      d’une nouvelle géographie politique du bassin occidental de la Méditerranée. La
      reconquête byzantine ne reconstitue que partiellement et de manière éphémère
      l’unité de cet espace. La conquête arabe établit au Maghreb et dans al-Andalus
      une nouvelle puissance dynamique dont l’expansionnisme ne tarde pas à s’étendre
      aux îles et à menacer les rivages provençaux et italiens, suscitant les
      réactions des Pisans et des Génois. Une nouvelle entreprise conquérante se
      déploie avec l’aventure normande qui édifie un État puissant en Sicile et en
      Italie du Sud sous la protection de la papauté. Les relations entre Rome et
      l’Empire forment désormais la toile de fond de la politique méditerranéenne du
      XIIIe siècle, au temps de Frédéric II et, après lui, pendant la conquête
      angevine. Une autre puissance s’affirme, soutenue par l’expansion de son
      commerce maritime, celle de la couronne d’Aragon qui tire parti de la révolte
      sicilienne des Vêpres avant de s’implanter en Sardaigne. La rivalité entre
      Aragonais et Angevins marque dès lors l’histoire de la Méditerranée occidentale
      et se prolonge au-delà de la victoire d’Alphonse V en 1443.
      Plus qu’au détail de ces conflits et aux fluctuations de la géographie des
      dominations, on s’intéressera aux formes d’organisation politique nées de ces
      conquêtes et de ces superpositions de pouvoir, aux aspects des sociétés
      politiques mises en place par les différents pouvoirs et aux résistances que
      ces dominations suscitent.

      La France et la Méditerranée à l’époque moderne

      À l'époque moderne, la France en tant que puissance s’impose en Méditerranée.
      Jusqu'alors, en effet, la monarchie des Capétiens et des Valois ne disposait
      pas de forces navales permanentes, et son littoral méridional se réduisait à
      celui du Languedoc. En 1481, le rattachement de la Provence à la Couronne ouvre
      de nouvelles perspectives. Le port de Marseille, notamment, qui avait bénéficié
      jusque-là d'un fort statut d'autonomie, passe alors sous la souveraineté
      française, sans pour autant perdre ses privilèges. Henri IV y instituera en
      1599 un Bureau du commerce, devenu en 1650 Chambre de commerce, la plus
      ancienne de France, restée unique jusqu'à la création de celle de Dunkerque en
      1700 et de huit autres en 1701. La Chambre de commerce de Marseille deviendra
      la plaque tournante du commerce français en Méditerranée.
      La concurrence est rude toutefois au début du XVIe siècle : outre les
      républiques maritimes (Venise et Gênes), l’Espagne, avec ses escadres de
      galères, a la maîtrise de la Méditerranée occidentale, tandis que l'Empire
      ottoman est alors à l'apogée de sa puissance et exerce, pour longtemps encore,
      sa domination en Méditerranée orientale : quoique vaincus sur mer à Lépante en
      1571, les Turcs s'emparent la même année de Chypre, et en 1669 de la Crète,
      deux possessions vénitiennes. François 1er rompt cette logique manichéenne en
      s'alliant en 1536 au sultan Soliman le Magnifique. Ces accords (les
      capitulations), plusieurs fois renouvelés (en 1569, 1581, 1597, 1604, 1673,
      1740) assureront désormais au roi Très Chrétien une place privilégiée en terre
      d’Islam. Politiquement, François 1er affaiblissait ainsi son rival Charles
      Quint, qui subissait sur terre la pression des années turques. Cette alliance,
      considérée comme " contre nature " dans la chrétienté, vaut au roi de France
      des avantages appréciables sur les plans politique, militaire, commercial et
      religieux. À l’époque moderne, parmi les nations chrétiennes, la France jouit
      ainsi d'une primauté incontestée dans le Levant, particulièrement au XVIIIe
      siècle. Son ambassadeur accrédité auprès de la Sublime Porte a préséance sur
      ceux des autres puissances. La France peut s'appuyer sur le réseau des grandes
      villes et des ports - les " Échelles " du Levant et de Barbarie - où sont
      établies des communautés importantes de marchands avec des consuls,
      représentants de l'autorité royale, qui sont chargés de maintenir les "
      privilèges " de la " Nation française ", de transmettre ordonnances et
      règlements, de négocier en permanence avec les autorités ottomanes et
      d'arbitrer les litiges survenus entre leurs ressortissants.
      Parallèlement à son alliance privilégiée avec la Sublime Porte, le roi de
      France se constitue une flotte de galères. Après un effort sans lendemain sous
      Henri II, Richelieu met en chantier un programme visant à entretenir un corps
      permanent de 30 vaisseaux, puis Colbert porte l'effectif à 40 unités et fait de
      Marseille le plus important arsenal de galères de la Méditerranée occidentale.
      Ces navires cependant, victimes de l'évolution des techniques, cesseront
      rapidement de jouer un rôle sur le plan militaire et deviendront à partir du
      règne de Louis XIV un instrument de répression privilégié.
      Plus près de ses rivages, la France s'intéressait, et depuis longtemps, à la
      Corse, dépendance insulaire de Gênes. Dès le règne de Charles VI, elle avait
      pendant quelques années (1396-1406) occupé une partie de l'île. Elle en reprit
      possession sous Henri II (1553), avant de la restituer au traité du Cateau-
      Cambrésis (1559). À partir de 1729, la République de Gênes elle-même fit appel
      à Louis XV pour rétablir l'ordre dans l'île en proie à des révoltes quasi
      permanentes. Les forces royales intervinrent donc en 1738, 1747, 1753, et enfin
      en 1768. Gênes abandonna alors tous ses droits de souveraineté et céda l’île à
      la France par le traité de Versailles (15 mai 1768). L'année suivante, Pascal
      Paoli, général en chef des insurgés, fut vaincu à la bataille de Pontenuovo (9
      mai 1769). Une nouvelle administration fut mise en place, avec un gouverneur,
      un intendant, un conseil supérieur à Bastia et des États. Cette organisation
      garantissait à la Corse, comme à bien d’autres provinces françaises telles que
      la Bretagne ou le Languedoc, une assez large autonomie, y compris sur le plan
      législatif. Le " processus de Matignon " actuellement en cours aurait pour
      résultat, s'il aboutit, de rétablir la Corse, mutatis mutandis, dans la
      situation où elle se trouvait à la veille de la Révolution.

      Les enjeux de la période 1763 (traité de Paris) - 1815 (chute de l’Empire) en
      Méditerranée occidentale

      Quelle portée politique a pu avoir le changement issu du courant des Lumières
      et de la diffusion des idées nouvelles, diffusion facilitée par les moyens dont
      elle disposait (Illuminismo italien et Afrancesados espagnols notamment) ?
      L’accent sera mis sur les nouveautés politiques et sur la résistance à ces
      nouveautés, mais on évitera toute dichotomie facile et réductrice. Certains
      mouvements d’opposition se produisent en effet contre le nouvel ordre au nom
      d’une conception plus radicale des transformations à opérer. On se gardera de
      demeurer dans le schéma trop étroit d’une confrontation entre les conceptions
      françaises et leur influence, en oubliant les initiatives et originalités des
      pays concernés.

      Diplomatie et relations internationales :
      - la nouvelle orientation de la politique française au lendemain du traité de
      Paris : découverte ou redécouverte de la Méditerranée ;
      - la politique anglaise : confortement, résistance et expansion sur le
      continent et dans les îles ;
      - en arrière-plan, les menées diplomatiques (Espagne et Russie) et l’espionnage
      ;
      - sur le devant de la scène, les rencontres militaires ;
      - le prosélytisme révolutionnaire, question des frontières naturelles et
      recherche de solutions nouvelles (républiques sœurs, premiers frémissements
      unitaires).

      Thématique, diffusion et mise en pratique des idées nouvelles :
      - les idées nouvelles ;
      - leurs moyens de diffusion ;
      - les hommes. On s’attachera particulièrement au thème des jacobinismes en
      Italie, aux exilés politiques et à leur rôle ;
      - les différences de perspective entre les représentants du pouvoir français et
      les acteurs locaux de la Révolution (Cisalpine, Toscane, Naples, Sardaigne,
      Sicile) ;
      - les administrateurs et la loi dans les républiques sœurs d’Italie et dans les
      royaumes vassaux et les départements de la péninsule ;
      - l’inégalité dans les changements (comparaisons entre l’Espagne et l’Italie) ;
      - le cas de l’Espagne, en insistant sur la Catalogne, les Baléares, le pays
      valencian. Rôle des Cortès de 1812 ;
      - les îles à travers les hommes et les structures. Problème des élites en voie
      d’intégration au modèle dominant grâce à la fréquentation des universités.

      Résistances à l’innovation
      On distinguera les résistances à l’innovation par leur forme et leur finalité
      et aussi par leurs bases sociales. Avant la Révolution se développent les
      soulèvements populaires contre les réformes agraires inspirées par le
      réformisme de Pompeo Neri et de Pierre-Léopold en Toscane, et plus tard
      l’agitation des Viva Maria dans la même région. Sous la Révolution, certains
      mouvements naissent de l’hostilité à l’occupation étrangère et à ses réels
      abus, d’autres sont nettement contre-révolutionnaires, d’autres enfin sont
      d’inspiration jacobine :
      - les résistances légales ou semi-légales par l’intermédiaire de sociétés,
      journaux, pétitions, etc., généralement le fait de notables modérés ;
      - les sociétés secrètes (Rayons en Piémont et Lombardie, Philadelphes de
      l’époque napoléonienne…) et les tentatives de conspiration, le fait souvent
      d’une opposition jacobine ou libérale ;
      - les émeutes (celle de Pavie en 1796, de Vérone en 1797…), en majorité de
      nature populaire, mais soutenues par des membres des classes élevées et du
      clergé, d’autres étant d’inspiration jacobine ;
      - les barons et la puissance seigneuriale, surtout dans le sud de l’Italie et
      dans les îles : rôle politique, atteintes à cette puissance, maintien,
      mouvements contre les droits féodaux et répression (en Sardaigne, restauration
      en 1800).

      Le rôle des saint-simoniens dans les mutations de la Méditerranée au XIXe
      siècle

      On pourra s’attacher particulièrement au rôle des saint-simoniens (hommes,
      idées, réalisations) dans la politique de Cavour, mais aussi aux deux grands
      terrains d’action des saint-simoniens que sont l’Égypte et l’Algérie.

      Les migrations en Méditerranée occidentale, XIXe ­ XXe siècles

      Ce thème doit être résolument mis dans une perspective historique et
      géographique incluant les deux rives nord et sud de la Méditerranée
      occidentale. De tous temps, celle-ci a été un espace de circulation, de
      passages, d’affrontements, mais aussi d’échanges et de fusions entre ses deux
      rives. Cependant, un rythme alterné paraît avoir caractérisé aussi cette
      histoire depuis le début du XIXe siècle. Lorsque s’éteignent les feux de la
      confrontation franco-anglaise portée jusqu’aux bords du désert en Égypte et au
      Levant, que vacille le géant ottoman malade de l’Orient, c’est à un grignotage
      du Sud par le Nord qu’on assiste après la conquête d’Alger. Mais, loin d’être
      le simple déversoir d’un trop plein d’une France encore hésitante devant
      l’expansion, la rive sud, le Maghreb, est un théâtre d’invasion lente et
      d’empiétements progressifs mêlant aussi bien les gens de l’Europe méridionale
      (Italiens, Grecs, Maltais, Espagnols) qu’émigrés du Nord (Allemands, Alsaciens,
      Lorrains, Anglais).Un premier axe d’intérêt permettra de confronter la
      chronologie de ces courants, leurs causes et leurs caractéristiques, les lieux
      de passage et les modalités de transports, les réussites et les échecs des
      installations dans " l’outre-mer " méditerranéen.
      Après une installation coloniale réalisée non sans à-coups et fort progressive
      puisqu’elle a duré près de trois quarts de siècle au moins, de 1830, la prise
      d’Alger, à 1912, lorsque les Italiens s’installent en Libye, les courants
      s’inversent peu à peu. La Première Guerre mondiale amorce véritablement le
      tournant ; elle provoque les premières arrivées massives sur les rives
      septentrionales de la Méditerranée, et le plus souvent sous la contrainte, de
      gens du Sud, soldats et travailleurs, ou de réfugiés de l’Orient en feu ­
      Marseille port d’accueil des Arméniens persécutés.
      L’entre-deux-guerres constitua-t-il ensuite une autre moment fort marqué par
      l’attirance du Sud miséreux vers les mirages du Nord, l’appel croissant au
      réservoir de main-d’œuvre nord-africain bon marché et déjà explosif ? Ou bien
      (également ?) cette période fut-elle marquée par une concurrence entre migrants
      ? Des Italiens avec les Maghrébins, par exemple, auprès des employeurs
      potentiels. Dans quelle mesure, déjà, se posent aussi dans les zones d’arrivée,
      des problèmes d’adaptation sociale, de qualification professionnelle,
      d’appartenance politique ou religieuse, d’urbanisme, de santé etc. ? Ces
      questions méritent d’être posées. Encore plus pendant la Seconde Guerre
      mondiale où s’entassent les réfugiés des pays envahis, migrants temporaires et
      Juifs poursuivis et où, peut-être, s’exaspèrent les tensions.
      Enfin, un troisième temps de migrations correspond aux décolonisations. C’est
      aussi, et d’abord, un temps de retours vers l’Europe. Ces retours s’amorcent
      tôt après la guerre, directement vers les patries d’origine, depuis la Libye,
      l’Égypte, les protectorats d’Afrique du Nord. Par étapes, semble-t-il, en ce
      qui concerne l’Algérie : il s’agit d’un rétrécissement en peau de chagrin de
      l’Algérie française vers les côtes méditerranéennes qui précède la dramatique
      ruée de 1962. Les recherches ont été amorcées sur ces retours ; elles n’ont pas
      épuisé la question. Ce temps des décolonisations déclenche enfin un progressif
      déversement du Sud vers le Nord dont l’ampleur dépasse peut-être aujourd’hui
      celui des anciennes migrations du Nord vers le Sud. Il s’agit évidemment des
      migrations contemporaines des Maghrébins, mais aussi des Juifs de Tunisie ou du
      Maroc vers ce qu’ils considèrent comme leur Terre promise, en Palestine, dès la
      fin des années 1940. Une place pourra également être faite aux migrations
      d’origine politique qui ont concerné les États de l’Europe occidentale. La
      chronologie de ces mouvements migratoires, leurs caractères, les problèmes
      nouveaux d’insertion économique, sociale, culturelle, les représentations
      qu’ils déterminèrent, les politiques qu’ils appelèrent ou appellent encore …
      Tout ceci constitue un vaste ensemble ouvert à la réflexion. Elle devrait être
      mise ici en perspective d’un dialogue méditerranéen spécifique, inscrit non
      seulement dans la courte mais aussi dans la longue durée.


      Les relations Nord-Sud et la coopération euro-méditerranéenne

      L’effondrement de l’Union soviétique et la " crise-guerre " du Golfe ont
      profondément modifié l’ " écosystème politique " de la Méditerranée et ont
      radicalement changé les données de la coopération Nord-Sud. Les derniers
      vestiges de l’ordre ancien, celui de Versailles et de Rapallo, celui de Yalta
      et de Casablanca, se sont effondrés. Les tendances déjà fortes à la
      fragmentation se sont accentuées et ont renforcé les représentations négatives
      que chacun, au Nord et au Sud, peut avoir de l’autre, approfondissant ainsi le
      fossé politico-culturel entre les deux rives.
      Le caractère volatil de l’espace méditerranéen se traduit par une absence de
      structure propre à assurer sa stabilité et sa régulation. Autant l’ " après-
      Seconde Guerre mondiale " fut marqué, dans les pays industrialisés, par des
      tentatives d’organisation internationale ou régionale, autant la Méditerranée
      en fut dépourvue. Des bribes furent rattachées à diverses institutions : CECA
      et CEE, OTAN, Conseil de l’Europe, Ligue arabe, Organisation pour l’unité
      africaine. C’est qu’aux yeux de la plupart des organismes internationaux et du
      département d’État américain, la Méditerranée n’existait ni en tant qu’ensemble
      géopolitique, ni en tant qu’entité géographique.

      Ainsi les perceptions différenciées que les États européens avaient de l’enjeu
      méditerranéen les ont longtemps incités à confiner leurs intérêts au seul champ
      économique. C’est seulement depuis les années 80 que la Méditerranée est
      appréhendée comme un espace géostratégique nécessitant l’élaboration de
      politiques visant à une sécurité commune et globale. En résumant à l’extrême,
      on peut dire que la politique européenne à l’égard de la Méditerranée s’est
      articulée depuis une quarantaine d’années dans les cadres suivants :
      - La politique méditerranéenne de la CEE : Définition d’une approche globale
      méditerranéenne (1972), Politique méditerranéenne rénovée (1990) - surtout en
      qui concerne les accords commerciaux préférentiels.
      - Les initiatives hors CEE : forums de Marseille en 1988 et de Tanger en 1989
      autour du thème " Réalités et perspectives des relations entre les pays
      européens de la Méditerranée occidentale et les pays de l’Union du Maghreb
      arabe " (UMA).
      - Le dialogue euro-arabe (1973-1990) sur des problèmes économiques, politiques
      et sociaux.
      - La Conférence sur la sécurité et la coopération en Europe (CSCE) née en 1975
      et transformée en Organisation de la sécurité et de la coopération en Europe
      (OSCE) depuis 1990, et processus de création de la Conférence sur la sécurité
      et la coopération en Méditerranée dont la réunion de Palma a proposé, en 1990,
      la conceptualisation de la Méditerranée la plus forte.
      - Le Projet de la Méditerranée occidentale, dénommé le " 4+5 " (France, Italie,
      Espagne, Portugal et les cinq pays de l’UMA), puis le " 5+5 " (Malte s’y
      ajoute) en 1990. Cette organisation d’initiative française est rapidement mise
      en veilleuse.
      - Et divers plans et programmes : chartes d’Athènes et de Marseille,
      conventions de Barcelone et de Gênes, Plan d’action pour la Méditerranée et
      Plan bleu de Sophia Antipolis, déclarations de Naples, Malte, Tunis, Split,
      Parme, etc.

      Pour le Maghreb, la création, en 1989, et la consolidation de l’Union du
      Maghreb arabe (UMA) (Algérie, Maroc, Tunisie, Libye, Mauritanie) constitue
      l’aboutissement d’un cheminement séculaire, celui de l’unité maghrébine. Mais
      l’UMA semble d’abord préoccupée de la sécurité interne des États et de la
      sécurité régionale.
      Vingt-sept pays étaient représentés à Barcelone les 27 et 28 novembre 1995 pour
      une conférence destinée à promouvoir le " partenariat euro-méditerranéen ".
      Cette conférence constituait le pendant de la première conférence de la CSCE de
      1975 sur les relations Est-Ouest. Depuis Barcelone, quelles mesures ont été
      prises ? Où en est le nécessaire dialogue Nord-Sud face aux nouveaux défis de
      la sécurité ? Quel est le rôle de la confiance dans ces relations ?


      Thème 3 : Découverte de la Méditerranée occidentale



      Voyages et voyageurs : permanence et évolution depuis l’Antiquité

      De Gibraltar à Alger, de Tunis à Syracuse, de Rome à Gênes ou Marseille, la
      Méditerranée a de tous temps fasciné les hommes. D’Hérodote à Montaigne, de
      Gregorovius à Stendhal, des pirates barbaresques aux voyageurs anglais amoureux
      des ruines romaines de la Campanie, tous ont parcouru ces routes terrestres et
      maritimes créées par des siècles d’échanges. Il serait intéressant, dans la
      lignée de Fernand Braudel, d’examiner ce mouvement qu’il convient d’inscrire
      dans la longue durée car la curiosité du voyageur remonte à l’Antiquité. À
      l’origine, les marins phéniciens et grecs fondent des comptoirs pour le
      commerce. La circulation se fait essentiellement par voie maritime sous forme
      de cabotage de port en port, tant les routes intérieures sont inexistantes.
      Toutefois, dans sa partie occidentale, la Méditerranée reste largement inconnue
      du monde grec jusqu’à l’époque romaine.

      Représentations littéraire et artistique

      Que vient chercher le voyageur ? " On voyage pour voir le monde " écrit
      Hérodote, et la découverte par les marchands, les intellectuels, les
      militaires, suscite de nombreux récits : l’esthétique et le goût de l’exotisme
      alimentent la Périégèse de Pausanias comme les Lettres du président de Brosses
      ou l’ Itinéraire de Paris à Jérusalem de Chateaubriand.

      La découverte de la Méditerranée a donné lieu à de nombreuses représentations.
      Qualifiée de " mer blanche " (bahr al abiad en arabe), " au milieu des terres "
      (en latin), la Méditerranée attire par ses paysages variés (montagnes,
      plateaux, plaines, ports), et par son climat. Dans sa partie occidentale, c’est
      une mer enserrée par des montagnes. Elle a abondamment inspiré l’art et la
      littérature des pays qui l’entourent, mais aussi de civilisations plus
      lointaines (monde anglo-saxon). Terre d’élection pour les peintres séduits par
      la luminosité de son ciel et la douceur de son climat, elle tient une place
      particulière dans l’imaginaire des artistes et hommes de lettres.

      Redécouverte du patrimoine méditerranéen par les savants

      On pourra s’interroger sur la place de la Méditerranée occidentale dans le
      voyage savant tel qu’il est apparu au XVIe siècle au sein de la République des
      lettres, Rome et l’Italie y tenant une position centrale. Au siècle des
      Lumières qui redécouvre Herculanum et Pompéi et surtout à l’époque romantique,
      cette sensibilité particulière incite à redécouvrir le passé gréco-romain. Elle
      ouvre la voie aux premières campagnes et missions scientifiques de recherche
      archéologique, puis aux travaux d’érudition du XIXe siècle et à ses grands
      établissements universitaires (Casa de Velasquez, École française de Rome) et
      artistiques (Académie de France à Rome).

      Au-delà de l’histoire propre de ces établissements, qui reste encore en grande
      partie à faire, on pourrait aussi étudier l’influence des recherches sur le
      passé gréco-romain et sur celui du Moyen-Orient sur le développement de
      l’archéologie et de l’histoire comme disciplines. Les fonds d’archives
      conservés au Centre historique des Archives nationales (sous-série F17)
      provenant de la Direction des sciences et lettres du Ministère de l’Instruction
      publique et des beaux-arts, qui n’ont pas encore été exploités dans ce sens,
      pourraient, semble-t-il, servir de base à ces études.
      Plus largement, on pourrait étudier les relations culturelles qui se sont
      établies entre la France et les différents pays du pourtour de la Méditerranée.
      En dehors des grands établissements cités ci-dessus, de nombreux établissements
      d’enseignement primaire, secondaire et supérieur, tout comme le réseau des
      instituts français à l’étranger, ont contribué au développement de ces
      relations. Là encore, les fonds d’archives conservés au Centre historique des
      Archives nationales (dont ceux de la Mission laïque en France), au Centre des
      archives d’outre-mer à Aix-en-Provence, ceux versés par le Service des œuvres
      françaises à l’étranger du Ministère des Affaires étrangères au Service des
      archives diplomatiques offrent des ressources en grande partie méconnues.

      La Méditerranée des géographes et des ethnologues

      Les géographes découvrent les richesses de la nature et analysent l’évolution
      des paysages et leurs modifications par l’action humaine. Il arrive parfois que
      l’observation historique et géographique exerce une influence sur la
      transformation des paysages. À la fin du XIXe siècle et au début du XXe, la
      Corse et la Sardaigne s’offrent aux regards croisés des géographes français et
      italiens : les îles deviennent des objets scientifiques et sont l’objet de
      considérations que l’on pourra analyser, ce qui permettra de définir les
      rapports existant entre les deux écoles géographiques.

      Géographes, ethnologues et sociologues ont été attirés par la richesse et
      l’originalité des populations vivant dans l’espace méditerranéen. Leur
      observation a permis d’identifier des types humains et des comportements
      caractéristiques de la Méditerranée : le montagnard libre et sauvage, le
      commerçant industrieux des villes, le colon des plaines, le bandit…

      Les îles (Baléares, Corse, Sardaigne) portent chacune en elle l’ensemble des
      traits méditerranéens. La richesse de leur vie intérieure, le destin mouvementé
      de quelques-unes (comme la Corse), incitent à réfléchir sur la lente
      construction d’un milieu humain cohérent et sur la façon dont leurs ressources
      ont été perçues (Ibiza, l’île du sel, Tabarca, l’île du corail, Elba, l’île du
      fer). Malgré une vie précaire et étroite, les îles (Baléares, Corse, Sardaigne
      et Sicile) ont souvent occupé le devant de la scène, jouant un rôle à la
      hauteur de l’attrait qu’elles exerçaient. Tel fut le cas de la Corse sur
      laquelle les géographes français se penchent à la fin du XVIIIe siècle, après
      la conquête française.

      On pourra suivre à partir de l’Antiquité la diffusion des connaissances sur les
      milieux physique et humain, sans laquelle l’esprit de découverte n’aurait pu se
      développer. Les textes sont éclairés par des cartes terrestres et marines, tels
      les premiers portulans italiens ou catalans qui témoignent du développement de
      la navigation et du commerce. Mais la mise en valeur du territoire appelle une
      autre cartographie qui en recense les ressources et potentialités et dont l’un
      des chefs-d’œuvre est, sans conteste, le plan terrier de la Corse (1770-1793).

      Développement du tourisme

      Plus près de nous, l’avènement de la civilisation des loisirs et l’émergence du
      tourisme de masse placent la Méditerranée occidentale au cœur d’un système
      économique dont les forces centrifuges avaient un temps abandonné ses rivages.
      L’espace culturel est devenu économique dans la seconde moitié du XXe siècle
      avec un ensemble de terroirs qui disposent chacun de richesses faisant
      prospérer une économie locale ou nationale et suscitant çà et là une résistance
      locale qui s’oppose à la frénésie consommatrice des vacanciers.
      Les îles de Méditerranée occidentale sont devenues, depuis le XIXe siècle, une
      des destinations privilégiées de flux touristiques grandissants en provenance
      du Nord de l’Europe, et d’ailleurs. L’attrait touristique de l’île, finie, dont
      il est possible de faire le tour, dont la distance au continent fait un monde à
      part, se conjugue avec un patrimoine naturel et culturel souvent d’une grande
      richesse. Comment ces milieux et sociétés insulaires ont-ils été transformés
      par des générations de voyageurs et de touristes du continent, quels contacts
      et quelles perceptions mutuelles se sont-ils établis ? L’identité insulaire
      est-
      elle renforcée ou modifiée par ces échanges ? Quelles politiques contribuent à
      développer ces flux ou, au contraire, à les juguler, dans le cadre de quels
      enjeux économiques ou politiques, et avec quels impacts sur des espaces
      fragiles ?

      Si l’on admet, avec Alain Corbin, que " l’avènement des loisirs " est un
      phénomène déterminant du XXe siècle, que le tourisme est un secteur d’activité
      majeur, notamment pour bien des pays riverains de la Méditerranée, que les
      voyages tendent à prendre une place croissante du temps libéré par la
      diminution du temps de travail, l’étude des acteurs qui le vivent ou qui en
      vivent s’impose comme parfaitement légitime. On ne peut s’en tenir à la vision
      d’une invasion de terres et de populations menacées dans une authenticité
      héritée d’un passé mythifié.
      On peut d’abord s’attacher à l’histoire des motivations qui ont attiré les
      hommes en terres méditerranéennes. Les Anglais du Grand Tour, qui ont fait
      largement école, y étaient en quête d’héritages culturels, ceux de la
      Renaissance comme ceux de l’Antiquité, avec les enrichissements successifs
      qu’ont apporté l’archéologie pompéïenne, la redécouverte de l’Égypte, la
      révélation des cultures islamiques.
      Le climat a donné quelque espoir aux phtisiques telle Madame de Beaumont venue
      mourir à Rome ou encore Frédéric Chopin amoureusement veillé par George Sand
      aux Baléares. Ce sont encore les Anglais, bientôt suivis par les aristocraties
      d’Europe centrale et de l’Est qui ont découvert les charmes hivernaux de la
      Côte d’Azur ou de Capri.
      Le tourisme balnéaire, avec une démocratisation que l’on peut considérer comme
      amorcée, pour les Français, par le Front populaire, est devenu ensuite synonyme
      de liberté, liberté des corps qui se dénudent pour pleinement bénéficier des
      effets visibles du soleil, pour mieux répondre aux exigences de bonne forme
      physique. Le Club Méditerranée, dès les années 50, a largement contribué à
      répandre cet idéal d’émancipation, de rejet radical de tout héritage puritain.
      Loin des frasques et fracas des villages de vacances, des formules plus
      paisibles et souvent culturelles de tourisme, devenu largement de croisière,
      ont également prospéré et le culte jugé bientôt excessif du soleil n’a pas tué
      des formes plus recherchées de loisirs répondant à des curiosités tant
      ethnologiques qu’historiques, avec le risque d’une folklorisation des pratiques
      autochtones.

      Dès lors que l’on accepte cette vision d’une Méditerranée devenue le terrain de
      jeu de l’Europe, ce qui n’a rien de péjoratif en un temps où l’on glorifie le
      temps libre, bien des interrogations jaillissent.
      Elles portent d’abord sur ces flux singuliers que sont les flux touristiques.
      Quelles sont, et quelles ont été leurs destinations privilégiées ? Quels ont
      été et que sont leurs rythmes saisonniers ? À quels avatars conjoncturels ont-
      ils été sensibles ?
      Qui sont les touristes ? Dans quelle mesure et comment s’est faite la
      démocratisation ? Quelles sont les pratiques des diverses catégories sociales
      mais aussi des divers âges, des différentes nationalités ?
      Comment a-t-on répondu aux besoins de ces populations nomades ? À côté de
      l’histoire des palaces, souvent écrite, reste à faire celle des terrains de
      camping, des meublés, des clubs ou des villages de vacances, et, aussi, celle
      des résidences secondaires diverses à l’infini.
      Comment et qui a conçu des réalisations peut-être discutables, mais
      exemplaires, comme Port-Grimaud ou Cap Estérel ? Qui les a financées, qui les a
      construites, qui les gère ? Quelle est leur rentabilité, et à qui vont les
      dividendes ? Comment s’est faite la promotion des rivages méditerranéens,
      quelles sont les images et les mythes qui sont utilisés ?

      Mais le tourisme, c’est encore l’emploi, un emploi lui aussi diversifié à
      l’extrême, du gestionnaire de haut vol à l’agent d’entretien le plus humble.
      Cet emploi est souvent saisonnier. Comment recrute-t-on ces travailleurs
      temporaires, comment sont-ils rétribués, de quelles formes de protection
      bénéficient-ils ou sont-ils dépourvus ? Ce segment des classes laborieuses
      d’aujourd’hui mérite que l’on écrive son histoire.

      Face à ce déferlement touristique, il y a les autochtones. Les interférences
      entre les deux mondes sont multiples et multiples sont aussi les bénéfices que
      les autochtones, ou que certains d’entre eux, ont tiré ou tirent de ce qu’ils
      se complaisent néanmoins à décrire comme une invasion. Il y a d’abord l’emploi
      direct proposé dans les structures d’accueil. mais aussi toutes les activités
      connexes, tout l’artisanat, tout le petit commerce qui gravite autour des lieux
      touristiques. L’authenticité des produits offerts est plus que douteuse, comme
      l’est celle des spectacles que chaque tour-operator se doit de proposer à ses
      clients. Ils n’en font pas moins vivre bien des gens.
      Pour autant que l’on s’intéresse à ce que le monde méditerranéen est devenu,
      tout autant qu’à ce qu’il a été, et c’est bien là également un propos
      d’historien, cet univers du tourisme doit retenir très largement l’attention.


      Thème 4 : Circulation des matières premières...
      Colloque 4.1 : La navigation en Méditerranée du haut Moyen Âge à la
      Renaissance
      Colloque 4.2 : Le commerce des marbres



      Circulation des matières premières, denrées alimentaires, produits manufacturés
      en Méditerranée

      Du Paléolithique à nos jours, idées et objets n'ont cessé de circuler, en
      Méditerranée comme ailleurs. En Méditerranée plus qu'ailleurs ? La question
      devra être posée. En tout cas, la circulation mène aux échanges et ceux-ci se
      transforment progressivement en commerce. Dès la protohistoire, en outre, le
      cadre méditerranéen est perçu comme une unité, un monde qui abrite assurément
      de multiples réseaux d'envergure locale, mais qui leur impose en même temps des
      limites et les sépare d'autres mondes plus continentaux. Dès l'Âge du Bronze,
      le contenu des épaves montre que l'on est loin, déjà, de la simple circulation
      de matériaux destinés à l'industrie lithique : matières premières de toutes
      sortes, produits de l'artisanat, denrées alimentaires, articles de luxe, tout
      se mêle inextricablement au gré des cabotages.

      Une première approche peut se faire sous l'angle des denrées qui circulent
      et/ou sont échangées :
      - des matières premières ; elles sont d'abord minérales (obsidienne, roches
      siliceuses, émeri, andésite ; bitume ; marbres (voir le colloque 4.2) ; pierres
      semi-précieuses et précieuses ; ambre ; minerais ; pigments : ocre, cinabre ;
      terres de potier), également végétales (bois, roseaux, papyrus, lin), ainsi
      qu'animales (coquilles : spondyle, œufs : autruche ; ivoires, bois de cervidés,
      cuirs, peaux et parchemins, plumes, laine) ;
      - des denrées alimentaires : céréales (blé), épices (safran, poivre, sel) et
      plantes aromatiques et médicinales, poissons (séchés), viandes (y compris sur
      pied), fruits (séchés), huiles (et olives), vin, bière, miel ;
      - des produits manufacturés : lingots, outils et armes, vases (céramique,
      pierre, métal, ivoire, faïence), textiles, meubles, onguents et parfums
      (encens), résines, objets de parure, sceaux, œuvres d'art (statues) ;
      - mais aussi des idées : influences, imitations, emprunts. On n'oubliera pas,
      bien entendu, que les personnes circulent également : migrations,
      colonisations, guerres (avec prisonniers, esclaves, galériens), commerce,
      expéditions scientifiques, tourisme.

      Une autre approche peut se faire à partir des moyens nécessaires à ces échanges
      :
      - navigation (voir le colloque 4.1). Byzance, les Arabes, puis, à partir du
      XIIe siècle, les républiques maritimes italiennes et, dans une moindre mesure,
      les cités provençales et catalanes ont imposé la puissance de leurs flottes en
      Méditerranée, ce qui n’implique pas toujours une domination commerciale. Les
      Byzantins, par exemple, préfèrent accueillir les marchands étrangers plutôt que
      de s’impliquer fortement dans les activités commerciales. L’impact de la
      piraterie sur les échanges devra être pris en considération ;
      - Systèmes de poids et de mesures ;
      - systèmes de notation (marques de potier, timbres amphoriques) ;
      - systèmes de contrôle économique et administratif (sceaux, nodules,
      étiquettes, tablettes de comptabilité) ;
      - systèmes de paiement (monnaie).

      Une troisième approche peut s'appuyer sur les voies et les réseaux utilisés
      pour les échanges :
      - routes terrestres et influence du relief ;
      - routes maritimes ;
      - recomposition actuelle des flux et réseaux.

      Une quatrième approche peut partir des modalités des échanges (voir la partie
      contemporaine du thème 2, l’Espace politique en Méditerranée).

      Quelques recommandations :

      La nature, le volume, les modalités, les directions (routes plus ou moins sûres
      selon les périodes de paix ou de troubles) des échanges subissent des
      variations qu'il faut d'abord constater et définir, ensuite expliquer, enfin
      restituer dans leur contexte historique général pour pouvoir en évaluer les
      conséquences. Les contextes politiques ont pu privilégier tel ou tel type
      d’échange et de destination par rapport à d’autres, notamment lorsqu’il s’agit
      d’une économie coloniale comme celle qui s’est mise en place dès l’Antiquité ou
      le Moyen Âge. Il faudra mesurer la part des différents opérateurs dans
      l’organisation du trafic, les déplacements des routes de commerce, et évoquer
      les problèmes des balances des paiements et la mise en place d’un " échange
      inégal " entre le Nord et le Sud, l’Ouest et l’Est.

      On privilégiera le rôle des îles qui, par leur situation au croisement des
      routes maritimes, se présentent comme des terrains d’investigation intéressants
      pour l’étude des échanges et, notamment, pour la circulation des marchandises à
      travers le bassin occidental de la Méditerranée. La réflexion pourra s’étendre,
      en outre, à l’incidence de ces relations sur les sociétés insulaires dans les
      domaines culturel, économique, artisanal ou industriel lorsque ces relations
      ont pu servir de vecteurs des savoir-faire et des modes.


      Thème 5 : Transferts de techniques et de savoirs en Méd. occidentale
      Colloque 5.1 : Urbanisme et architecture des ports de la Méditerranée
      occid.
      Colloque 5.2 : Le commerce culturel



      Transferts de techniques et de savoirs en Méditerranée occidentale

      La Méditerranée occidentale est une aire géographique et culturelle où la
      circulation des personnes, des choses et des idées a toujours été intense, sans
      pour autant effacer la diversité des situations. À cette circulation, chaque
      région a participé à sa façon, dans des limites et selon une dynamique qui lui
      sont propres. Aux époques les plus anciennes, les transferts de techniques et
      de savoirs doivent être inférés à partir de la distribution spatiale des objets
      et des mots, telle qu’on peut l’établir par les méthodes de l’archéologie et de
      la linguistique. Le manque de sources écrites ­sauf exceptions d’autant plus
      précieuses- rend difficile de savoir comment exactement ces transferts se sont
      opérés. Une solution facile a toujours été de postuler des migrations de
      peuples. Sans l’exclure par principe, il semble plus fructueux de s’interroger
      sur les déplacements de " spécialistes ", même si le terme risque de paraître
      anachronique dans de nombreux contextes. Ces déplacements ont pu prendre des
      formes très différentes. Le trafic des esclaves en est une, et on sait que la
      valeur marchande d’un(e) esclave pouvait dépendre de son origine géographique,
      dans la mesure où celle-ci dénotait des compétences particulières dans telle ou
      telle activité ; inversement, l’esclavage pouvait fonctionner comme une
      formation professionnelle. Mais de tout temps, il y a eu aussi des artisans
      itinérants, des migrants saisonniers, des colons, volontaires ou forcés,
      recrutés pour aller exercer leur activité au loin. Et ces déplacements n’ont
      fait que s’amplifier aux époques plus récentes. Toutes ces migrations, sous
      toutes les modalités possibles, méritent d’être étudiées du point de vue du
      transfert de compétences et d’habiletés auquel elles ont pu donner lieu, afin
      de mieux comprendre la géographie des techniques agricoles, artisanales,
      industrielles, etc., telle qu’on peut l’observer à chaque époque.

      Une autre voie pour les transferts de savoirs est celle de l’écriture. Les
      savoirs pratiqués n’en ont jamais été exclus. La difficulté est de mesurer le
      rôle effectif de l’écrit dans la transmission de savoirs, dont on sait combien
      il est difficile d’en rendre compte avec des mots et qui plus est dans des
      milieux de praticiens ordinairement illettrés. D’un autre côté, les écrits
      techniques ont représenté, dès leurs débuts, une part importante de la
      littérature occidentale (Caton, Varron, Vitruve…) avec un succès qui ne s’est
      jamais démenti et qui ne peut s’expliquer que par un intérêt réel. Mais bien
      entendu, le domaine dans lequel l’écrit joue un rôle absolument irremplaçable
      est celui des savoirs savants, si on peut dire, c’est-à-dire des sciences au
      sens le plus large du terme, en y comprenant la théologie et la philosophie, la
      magie et l’alchimie, etc. Ici encore, des épisodes d’importance primordiale se
      sont déroulés en Méditerranée occidentale. Rappelons seulement les traductions
      de l’arabe au latin qui sont associées à la " Renaissance médiévale " des
      XIIe ­
      XIIIe siècles, ou l’œuvre géographique d’un Léon l’Africain au XVIe siècle. Aux
      siècles suivants, les voyages de découverte, les expéditions scientifiques ou
      les missions d’espionnage industriel (avant la lettre) se multiplient.
      L’information ainsi recueillie circule dans le réseau de plus en plus dense des
      académies, puis des sociétés savantes. L’abondante documentation qui nous en
      reste a, entre autres, l’avantage nouveau de conserver la trace des échecs,
      dont on sait qu’ils sont aussi instructifs que les réussites. La Méditerranée
      occidentale n’a pas l’exclusivité de tous ces développements mais elle n’est
      pas en retard : la première académie des sciences fut italienne (Accademia dei
      Lincei, 1603).

      On peut enfin envisager les choses dans une perspective thématique. La liste
      serait interminable des innovations qui sont nées en Méditerranée occidentale
      (la plupart des machines " vitruviennes " par exemple) ou qui, venues
      d’ailleurs, y ont trouvé un terrain particulièrement favorable (le sucre, la
      soie, le coton, les agrumes, etc.). La question qui se pose est de savoir dans
      quelle mesure les conditions propres à l’ensemble de l’aire, notamment la
      relative facilité de circulation entre régions physiographiquement différentes,
      permettent d’expliquer ces innovations et ces développements.

      Autre aspect de ces évolutions, celui des processus souvent peu spectaculaires,
      limités, très diversifiés (selon les types d’outillage, les zones, les couches
      sociales, voire les familles ou les individus), par lesquels des techniques ont
      pu se trouver modifiées, améliorées, développées. La connaissance de ces
      cheminements de processus constitue un chantier ouvert : emprunts, intervention
      locale, assimilation et réaménagements localement spécifiques des emprunts
      techniques peuvent s’entrelacer. Ces processus ont pu s’opérer sur des aires de
      rayons très différents. La connaissance des voies de ces mouvements en leurs
      dimensions locales, zonales, interméditerranéennes appelle la mise en œuvre de
      demandes combinant des études concrètes minutieuses et des approches
      comparatives larges au niveau du temps et de l’espace. Cette connaissance
      permettrait de mieux cerner les interactions par lesquelles, entre le milieu du
      XVIIIe siècle et le milieu du XIXe siècle, se développe et s’affirme une
      transformation historique des moyens matériels et des capacités productives.
      Entendons un mouvement caractérisé par l’articulation complexe entre le
      développement de la virtuosité globale des artisans et paysans, l’accroissement
      de la spécialisation des outils et des savoir-faire, et un plus grand recours à
      des machines qui se sont modifiées par des voies diverses. C’est le cas avec
      des engins comme les pressoirs et les moulins. On développe la mécanisation
      pour permettre, notamment, l’emploi d’une force de travail salariée effectuant
      des gestes simplifiés et n’ayant besoin ni de qualification complexe ni de
      grande vigueur physique.

      À titre indicatif et sans prétention aucune à l’exhaustivité, voici un rappel
      de quelques thèmes possibles :
      - Mécanique
      Les machines vitruviennes : noria et autres machines hydrauliques, broyeurs et
      pressoirs, moulins, appareils de levage, dispositifs pour capter l’énergie
      humaine et animale (cage d’écureuil, manège…), machines de guerre, etc. Outre
      la question de l’origine de ces machines, qui a beaucoup progressé ces
      dernières années, se pose celle de leur histoire ultérieure, dans chaque
      région, jusqu’à leur abandon final au XXe siècle, au profit d’un machinisme
      nouveau. La question des appareils attelés pour le dépiquage des grains
      (kibulum, plaustellum) mériterait également d’être reprise.
      - Chimie
      Les industries du verre et du savon, y compris en amont la production de soude,
      matière première de l’une et l’autre, dont certaines régions de la Méditerranée
      occidentale ont dominé le marché pendant plusieurs siècles. Le soufre et ses
      dérivés ­ l’alun, les teintures à base de produits indigènes (pourpre, kermès)
      ou introduits (garance, indigo, safran…). Les parfums. La préparation des
      cuirs, etc. Connexions entre le développement des industries chimiques et
      l’histoire de l’alchimie, puis de la chimie.
      - Textile, sparterie, papier
      La Méditerranée occidentale a joué un rôle déterminant dans l’introduction en
      Occident du coton et de la soie, et des innovations fondamentales qui leur sont
      associées. Il y a peut-être lieu également de reprendre la question du tricot.
      Par ailleurs, diverses plantes à fibre, originaires de la région,
      traditionnellement utilisées pour la production de tissus grossiers (genêts) ou
      de sparterie (alfa), ont fait l’objet de réutilisations (ou de tentatives) pour
      la papeterie au XVIIIe et au XIXe siècle.
      - Greffes et autres procédés de sélection végétale
      L’origine de la greffe est obscure mais le sujet est déjà discuté en détail par
      les auteurs grecs et latins. La greffe fait partie d’un complexe de pratiques
      et de savoirs relatifs à la sélection des végétaux, qui n’a cessé de se
      développer depuis lors, sans lequel la multiplication des variétés cultivées de
      la vigne, des arbres fruitiers (olivier, figuier, châtaignier…), mais aussi des
      légumes, n’est guère concevable. La Méditerranée occidentale doit à ces
      savoirs, autant sans doute qu’à son climat, d’être devenue un véritable foyer
      secondaire de domestication pour de nombreuses plantes cultivées d’origine
      tropicale ou subtropicale, notamment américaines. Et, dans ce domaine aussi,
      les échecs, à partir du moment où ils sont documentés (XVIIIe-XIXe siècles),
      sont souvent aussi instructifs que les réussites.

      Il serait facile d’allonger cette liste d’exemples (céramique, métallurgie,
      architecture, génie civil et militaire, agriculture, transports, etc.). On
      propose aux participants de choisir ceux qui permettent d’éclairer ce qui se
      passe en Méditerranée occidentale, à la lumière des conditions de circulation
      et d’échanges qui ont prévalu dans l’ensemble de la région aux divers moments
      de son histoire.

      Les transferts technologiques et scientifiques liés à la colonisation et à la
      coopération

      On s’interrogera sur toutes les formes de transfert de connaissances liées à la
      colonisation et à la décolonisation. Ces transferts ne sont pas unilatéraux,
      mais on ne peut masquer leur déséquilibre, les puissances coloniales apportant
      ou imposant plus qu’elles n’empruntent. Peuvent être pris en compte
      l’introduction de nouvelles techniques de production, d’échanges et de
      consommation, mais également les innovations touchant les modes de vie,
      alimentation, habitat, hygiène et santé publiques et personnelles, ainsi, bien
      sûr, qu’éducation.
      Toute analyse des bouleversements induits par ces transferts sera la bienvenue,
      allant des effets démographiques, à l’apparition de nouvelles hiérarchies
      sociales et à la mutation des mentalités dans des attitudes d’adhésion ou de
      refus.
      Ces transferts ne s’interrompent pas avec la décolonisation. Les coopérations
      sont également porteuses de transformations des modes de vie qui s’inscrivent,
      ou non, dans la continuité de la période coloniale. L’arabisation est rejet, au
      moins partiel, de la diffusion antérieure de la culture française. L’adoption,
      temporaire, par l’Algérie, du modèle soviétique, est dénonciation du
      libéralisme économique. L’indépendance a pu entraîner la régression de
      certaines productions commerciales, comme celle du vin, alors que
      l’exploitation du pétrole saharien ou des phosphates marocains relève de
      l’héritage de la période coloniale.



      Colloques d’histoire culturelle
      Colloque 1 : Pré- et protohistoire
      Colloque 2 : La transmission des images et de l’idéologie impériale...
      Colloque 3 : Divinités, dieux et saints dans les îles de la Méditerranée
      occidentale
      Colloque 4 : Le baroque dans les pays de la Méditerranée occidentale
      Colloque 5 : Continuum dialectal et frontières linguistiques en
      Méditerranée occidentale



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      More info:

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      -------

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      Colloque 6 : Variations musicales en Méditerranée
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