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Elections communales : Campagne sanglante

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  • munysara
    L Express du 31/01/2002 Elections communales Campagne sanglante par Sylvaine Pasquier Le 28 janvier, à moins d une semaine des élections, deux militants du
    Message 1 of 1 , Jan 31, 2002
      L'Express du 31/01/2002
      Elections communales
      Campagne sanglante
      par Sylvaine Pasquier


      Le 28 janvier, à moins d'une semaine des élections, deux militants du
      Funcinpec, tous deux de confession musulmane, ont été tués par balles
      dans la région de Pursat. Par des agresseurs inconnus... Le dernier
      en date des meurtres et intimidations qui se multiplient dans le
      royaume à l'approche d'un scrutin décisif

      © S.Sokunthea/Reuters


      L'opposant Sam Rainsy à Phnom Penh, le 18 janvier.

      Le 3 février prochain se tiendront au Cambodge les premières
      élections locales depuis le génocide perpétré par les Khmers rouges.
      Avec l'aide de l'Union européenne, qui assure le principal soutien
      financier - 5 millions d'euros - et 90 observateurs. En amont des
      législatives de 2003, ce scrutin serait un test décisif s'il n'était
      déjà obscurci par un voile de sang.

      A la mi-janvier, un rapport des Nations unies recense 15 candidats et
      militants politiques assassinés ou «morts dans des circonstances
      suspectes» en l'espace d'un an, la plupart après le 1er novembre
      2001. Huit appartenaient au parti de Sam Rainsy (PSR), chef de file
      de l'opposition, et sept au Funcinpec, formation d'obédience
      royaliste qui entretient des liens ambigus avec le pouvoir. Querelles
      privées, vengeances contre des «sorciers»... affirme-t-on en haut
      lieu. Sans ambages, le rapport met en cause les chefs locaux et la
      police, estimant qu'ils portent une large part de «responsabilité
      dans la violence et les intimidations».

      15 candidats et militants politiques
      «morts dans des circonstances suspectes»

      Le 21 janvier, soixante-douze heures après l'ouverture de la
      campagne, on apprend qu'un candidat du PSR dans la région de Stung
      Treng a été trouvé mort, flottant dans les eaux du Mékong. Le même
      jour, l'un des plus ardents défenseurs de la démocratie, Yim Sokha,
      36 ans, député et ancien secrétaire général du PSR, succombe à un
      accident de la route. Malgré les faits établis, le soupçon persiste
      parmi les militants. Rien d'étonnant dans un tel contexte.Quelques
      jours plus tard, deux militants du Funcinpec, Las Kob, 33 ans, et son
      épouse Mat Chaes, 38 ans, tous deux de confusion musulmane, sont tués
      par balles dans la région de Pursat. Par des agresseurs non
      identifiés...

      Fait éloquent aux yeux de beaucoup, le Parti du peuple cambodgien
      (PPC), au pouvoir depuis plus de vingt ans, ne déplorait jusqu'ici
      aucune victime. Cependant, il a révélé tout récemment le meurtre de
      l'un de ses candidats, tué par balles en début d'année. De toutes les
      formations en lice pour le scrutin, le PPC est celle qui a le plus à
      perdre. Car il exerce déjà un contrôle sans partage sur les quelque 1
      600 communes - unités administratives regroupant plusieurs villages -
      et les officiels qui les encadrent, parfois inchangés depuis la chute
      de Pol Pot, en 1979. Au service du régime autoritaire que dirige le
      Premier ministre, Hun Sen, les potentats locaux règnent par la peur
      et la coercition, vieilles recettes communistes. Tant qu'il a été
      possible d'éviter les urnes, le pouvoir ne se souciait guère de leur
      impopularité - qui sape aujourd'hui son emprise.
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